DELTA FORCE 2000 – Monstrous (METRONOMY cover) (2015)

DELTA FORCE 2000 – Monstrous (METRONOMY cover) (2015)

Noël arrive avec des températures bien trop clémentes. Je soupçonne la France d’avoir été arrachée du continent européen, tractée par un astucieux remorquage et posée dans le Pacifique, près de l’Australie. Du coup, maintenant, la Péninsule Ibérique est une île et la Suisse a une façade maritime. Pratique, pour ceux qui veulent aller à la plage, moins, pour les cartographes qui vont être obligés de reprendre tous leurs atlas, du Vidal-Lablache à Google Earth, pour les assortir à la nouvelle réalité géographique. A moins que cette hypothèse ne tienne autant la route que la Williams-Renault d’Ayrton Senna, auquel cas ne prêtez pas attention à cette digression introductive.

Quoi qu’il en soit, ça n’empêche pas les disques de tourner, ni les MP3 de se jouer. D’ailleurs, voilà ma petite découverte sympa de fin d’année.

Hugo Torre vient de Chartres (40 000 âmes, une cathédrale) et a plutôt des bons goûts musicaux. En voilà un qui doit acheter des disques – et pas dans les guérites minables de chez Leclerc (dont la seule vue me donne envie de posséder un lance-flamme avec combustible illimité). Reprenant, du haut de ses quatorze ans, De La Jolie Musique, François and The Atlas Mountains ou Metronomy, il fait un peu figure d’exception qui confirme la règle dans un pays où NRJ n’a toujours pas été interdite d’émettre. Les coprophiles de l’audition (Kendji, PNL, Coldplay) le qualifient-ils de « fragile » dans la cour de récré ? (je pose une hypothèse, je n’en sais rien) Qu’importe, relié à l’internationale indie lo-fi, adoubé par De La Jolie Musique, il a déjà fait mieux que tous ces bas-du-front à la mentalité de SEGPA.

Si tous les coups du tennis ne sont pas dans sa raquette, sa ritournelle enfantine et touchante, naïve piécette Picassiette, a un goût de reviens-y, qui soulève quelques petites secondes au-dessus de la lithosphère, loin des palabres, des emmerdes et de l’ironie 2.0. Comme pour Love Letters, l’album dont il est extrait, ce « Monstrous »-là, meilleur que l’originale, ne changera pas votre vie, ni ne bouleversera votre vision de la musique ou du monde. Mais il est agréable comme une tasse de lait chaud quand on rentre de huit heures de cours et qu’il fait froid dehors.

On passera sur le nom de Delta Force 2000, qui sonne comme une version de Power Rangers sortie de VHS aux bandes usées, pour se concentrer sur un autre point à mettre à l’actif de ce Hugo pas si seul : son anglais coule assez fluidement, une performance quand on pense qu’il doit encore user les chaises du collège, apprenant les verbes irréguliers à la chaine.

C’est beau, enfin, parce que c’est désintéressé. Innocent. Avec sa centaine d’écoutes (dont une bonne dizaine de ma responsabilité), il n’ira jamais à Top of the Pops (et heureusement, déjà parce que l’émission n’existe plus, ensuite parce que feu Jimmy Saville n’était pas le personnage le plus recommandable qui soit pour les pré-ados) ; qu’importe, il ne rêve pas de The Voice et de la notoriété TF1 fournie clefs-en-main. A mi-chemin des rêves d’enfant et des projets rebelle-sans-cause adolescents, on a l’impression d’assister aux derniers témoignages éparpillés avant l’envol, ou l’évaporation, de cet âge où « everything and nothing matters ».

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