THE WOODENTOPS – Stop This Car (1988)

Sur la grande mappemonde de la pop, des petits drapeaux ont depuis longtemps été disséminés au-dessus de l’Angleterre, ce cher voisin qu’on adore détester depuis des siècles. Un fanion fiché sur Manchester, un autre sur Liverpool, d’autres encore sur Bristol, Sheffield ou Brighton. Et, bien sûr, Londres. Sous l’étendard de London la Swinging, impossible de faire le compte de tous les formations au CV plus que recommandable qui ont écumés nos platines et nos baladeurs. Toutefois, nous allons stopper notre véhicule oratoire sur l’une d’entre elles : The Woodentops.

Dites ce nom à quelqu’un qui a connu les années 80 indie, et vous éveillerez en lui une foule de souvenirs, du temps où rides, bedaine, cheveux blancs et considérations sur sa complémentaire santé n’étaient pas encore son lot commun. Portant l’estampille d’un puppet show britannique pour enfants des années 50, les Woodentops, valeureux poulains de la mythique écurie indie Rough Trade (The Smiths, Aztec Camera, Young Marble Giants, etc.) s’en donnaient à cœur joie dans le mitan des années 80 avec des chansons punk-folkabilly trépidantes, des chansons pop dévalant à un rythme frénétique, cavalcades bondissantes bousculant les oreilles avec un entrain bordélique. Mais, en dépit d’excellents morceaux, d’une belle reconnaissance critique (chouchous des Inrockuptibles naissants, d’Alain Maneval, de John Peel) et de succès d’estime, les Woodentops n’ont jamais su briser les frontières de l’indie pour obtenir le succès smithien qu’ils méritaient. Un beau gâchis.

Pour preuve de ce que j’avance, je laisse vos oreilles apprécier « Stop This Car », qui ouvre la face B de leur deuxième album (le dernier de leur première existence), Wooden Foot Cops on the Highway. Sur cette livraison qui sent le sapin pour les fans, « Stop This Car » demeure aussi électrisante qu’aux heures sensationnelles de ce groupe qui avait fait s’écarquiller les yeux raybanisés de Philippe Manœuvre lors d’un passage aux Enfants du Rock fin septembre 1986.

Menée pied au plancher de bout en bout, « Stop This Car » est une chanson épatante, secouant allègrement le « Boy with the perpetual nervousness » des Feelies avec des Violent Femmes branchés sur le mode speedé. Pas de gras sur ces quatre minutes, que du suc, et du nerf en diable ! Et, avant toute chose, un violon frénétique et une guitare qui galopent et s’ébrouent à tout va, dans une course folle et acide qui colle au cerveau. Notons aussi, pour relever le ton, ces notes aigrelettes au Casiotone, gouttelettes d’huile disséminées sur l’incendie où vocalise la puce excitée Rolo McGinty. Tout est parfait, entraînant, imparable, emporté.

En définitive, qu’en dire ? Ah si, voilà : si tu ne sens pas des picotements dans tes jambes, si tu ne secoues pas ta tête dans tous les sens, tu es Stephen Hawkins.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s