CHOCOLAT – Burn Out (2014)

Un dimanche de Pâques où il fait beau, c’est le jour ou jamais d’écouter ce groupe au nom cacaoté. Profiter du soleil, croquer un morceau de chocolat avant qu’il ne fonde, mettre le dernier album de Chocolat et monter le volume sonore.

Quintet venu de l’ancienne Nouvelle-France, Chocolat a sorti en fin d’année dernière Tss Tss, un album spontané au nom serpentant qui tartine, sur le pancake de la platine, du psyché (Tame Impala), du garage, de la pop, du Led Zep’, du Polnareff’s, du krautrock (flagrant sur « Apocalypse ») et de ce qui traîne au fond du placard. Bref, quelque chose d’aussi maousse qu’un Groquick qui lâcherait les sveltes menuets électroniques d’un Jacno pour s’empiffrer de sirop d’érable, de poutine, de Nutella et de gros son qui sort des enceintes, et qui malgré tout ça arriverait encore à planer.

Tss Tss est la preuve vivante qu’on peut n’être pas encore asséché après avoir joué pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques (à Vancouver en 2010) ou collaboré avec, hum, Cœur de Pirate (les éviers pour aller vomir sont au fond du couloir, sur votre gauche). Mieux, ce deuxième essai, publié sur Born Bad Records, est sans nul doute qu’ils ont fait de mieux – en même temps qu’un bon et riche album. Joli perf, Jimmy[1].

« Burn Out », qui ouvre le LP, est à mon goût l’un des meilleurs morceaux de cet album. Ca commence par une rythmique binaire, entre kraut et garage, avec des « ooouh aah » qui lorgnent vers une ronde chamanique. Cette sarabande dure pendant une bonne minute trente avant les portes de la perception ne semblent s’ouvrir, laissant place à un changement de rythme qui conserve l’allant mais change la direction et la vitesse : tout droit et un peu plus vite. Bienvenue dans un autre monde. La disto de la guitare part dans le rouge, la voix emportée et haut perchée est à deux doigts de défaillir mais miraculeusement, tout tient le coup et l’équilibre pop est conservé.

Résultat : une « Immigrant Song » qui prendrait une tangente aussi lactée qu’énervée, un morceau pour lequel je prends plaisir à maltraiter mon clavier Azerty. Voilà qui va aller directement dans la sélection du patron, pour digérer l’overdose d’œufs Kinder, de lapins-or et autres fantaisies chocolatées.

– « Better to Burn Out than to … » … Euh, c’est quoi la fin déjà ?

– Oh, ce n’est pas grave, ça ne devait pas être très important.

– Tss tss …

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[1] Jimmy Hunt, avec son nom de pilote F1 70s, est le chanteur de Chocolat (et aussi un écumeur des nuits souterraines de Montréal).

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