Claire DITERZI – La Princesse Arabe (2013)

A la trépidante allure où vont les météores musicaux, conjuguée à l’inertie de ce blog (du fait de contraintes extérieures à ma volonté, donc laissez ce lance-flammes là où il est), ce morceau n’est même plus mon coup de coeur du moment. Il a été supplanté par une énième plongée dans les eaux troubles de Depeche Mode, l’apprivoisement du nouveau Blind Digital Citizen et la sensation Steeple Remove dont il faudra que je vous entretienne un jour étant donné que ce sera l’un des albums mémorables de 2015 – point de marc de café, un simple branchement sur le canal auditif est nécessaire pour s’en apercevoir en moins d’un quart d’heure. Bref.

Là où je travaille (en stage), il y a parfois FIP en fond sonore. Et, niché dans la programmation de grève[1] de cette véritable « Radio Roue Libre », il y a ce morceau de pop orientalisant qui m’a fait pousser de l’oreille dès sa première écoute, il y a une quinzaine de jours. Au cours de ce prime contact, je n’ai su faire le distinguo dans les paroles (qui m’auraient permis de la retrouver via Google ; là se trouvait le seul moyen car les références des titres passés n’était plus disponibles sur leur site et je n’ai pas Shazam). Mais, heureusement, lors d’un deuxième passage deux jours après, j’ai réussi à ouïr « Il est mille et une heures du matin », superbe incipit qui donne le ton des quatre minutes à venir et m’a permis de démasquer ce morceau.

Je ne sais rien de Claire Diterzi, ni son âge, ni son apparence, ses relations, ses soutiens ou même ses autres chansons. Je n’en ai pas besoin. Je n’en ai pas envie, non plus. Je me place volontairement du côté opaque du moucharabieh, pour l’instant. Réduire cette échappée à des contingences humaines, forcément décevantes, n’est pas d’actualité. Et si vous n’êtes pas contents, c’est le même tarif.

Je préfère conserver à l’état de pure pépite ondoyante cette chanson qui transcende le banal pour en faire une fantasmagorie, du merveilleux oriental. Sous nos yeux écarquillés s’emplissant de chatoiements mordorés, le paillasson élimé devient un tapis volant chamarré, la douche, une cascade aux eaux limpides, les vêtements sans attrait, des brocarts, le canapé raide, un banc de nénuphars aux larges pétales, et le chat qui perd ses poils, un sphinx intriguant. Et je vous dis ça alors que mon plafond est en train de se colorer d’indigo et que des points brillants le piquètent ci et là, sans doute une conséquence supplémentaire de cette chanson que je réécoute encore une fois, tellement la voix satinée fascine, tellement la mélodie est agréable et les arrangements de cordes, au cordeau.

C’est Antoine Galland, celui qui traduisit et créa l’unicité des Mille et Une Nuits[2], qui aurait été ravi d’une telle chanson. Et moi, donc.

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[1] PUISSENT-ILS AVOIR LA PEAU DE MATHIEU GALLET, CE LOUP AUX DENTS LONGUES, PROPRE SUR LUI, QUI A TELLEMENT TÉTÉ LE SEIN DU CYNISME ULTRA-LIBÉRAL QUE C’EN RUISSELLE ENCORE À LA COMMISSURE DES LÈVRES. RIEN DE MOINS QU’UN MACRON DE L’AUDIOVISUEL (ET DANS MA BOUCHE, ÇA N’A RIEN D’UN COMPLIMENT)
[2] Pour ceux qui auraient eu la flemme de cliquer sur le lien sur son nom, sachez qu’aUX manuscrits originaux qu’IL traduira, CET aristocrate picard ajoutera d’autres contes (et pas de ceux qui servent à faire le nombre) comme ceux de Sinbad le Marin, d’Ali Baba et d’Aladin. Et, en passant, comme il n’était pas des habitudes du Tonin de partir avant l’heure pour aller se la toucher à Glandouille-les-Pins, il contribuera à façonner le personnage de Shéhérazade tel qu’on le connait aujourd’hui. Sous vos applaudissements.
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