LES TIGRES DU FUTUR – Le jour de la colère astrale (2014)

LES TIGRES DU FUTUR – Le jour de la colère astrale (2014)

Vous dites-vous que l’épique a déserté ce monde ? Que Pink Floyd se fait bien décati et n’a aucun successeur valable ? Erreur, mes chers ! Les Tigres du Futur sont là pour remédier à vos incertitudes, avec leurs dents de sabre et leur carburation enrichie en autre chose que des Frosties ramollis par le lait tiède.

Surgissant d’une porte dimensionnelle dérobée, le spectre de Jo-Bernard Castagneri revient nous mettre les yeux (et les oreilles) comme des soucoupes. Habitués à démouler de furieux instrumentaux garage-rock nourris aux nanars de genre (le triptyque robots, hommes préhistoriques et kung-fu cité par le sample introductif de « Décapitron »), les cinq féroces félins du turfu[1] se lancent ici à corps perdu dans le fabuleux, un infléchissement prog-rock qu’on pourrait résumer comme suit : « Allons enfants de l’apathie (MP3), le jour de la colère astrale est arrivé » !

Loin des carénages forcés lorgnant sur la pénétration dans les appareillages sonores de la génération X, Y ou Z, Les Tigres du Futur proposent vingt minutes d’une divagation lancinante entre quatre-z-yeux dilatés, assemblant krautrock, psychédélisme, les VHS de space fantasy 80s (Moebius, Dune) et rock de la quatrième dimension pour en faire le kérosène d’une fusée qui envoie haut, très haut, loin, très loin. Tentant de découvrir un sens caché au cœur de ces illusions sonores, de ce clip effarant, concluons-en ceci : la vérité est higher.

Si les affiches de la dernière tournée de Magma les définissent comme « la musique des forces de l’univers », je crois bien, les gars et les garces, les garçons et les garçonnes, qu’il va falloir inventer d’autres mots pour retranscrire ceci. Que les nouvelles notions soient matérialisées en français, en kobaïen ou en klingon importe peu. Ce qui est certain, c’est qu’il va falloir activer la rémouleuse sémantique. Car ces vingt minutes sont un des trucs les plus soufflants que j’ai entendu en 2015. Stupéfiant.

De quoi agrémenter avantageusement la bande-son de vos après-midi interminables passées au bureau. A coups de mélodies qui tournoient lancinantes, d’orgues acides, de guitares surgissant du cosmos, venez composter votre ticket d’or pour des galaxies et des supernovas où les mânes viennent vous saisir. Le voyage sera planant et féroce. Et pour tous les petits d’hommes qui auront entendu ce morceau, Shere Khan aura désormais les yeux de Kaa.

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[1] Ici, plaindre les zozoteurs.
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