THE VELVET UNDERGROUND – Coney Island Steeplechase (1969/1986)

A chaque nouvel opus des Strokes (et gageons qu’il en sera de même pour le prochain), le refrain est le même : la bande à Casablancas, ce serait mieux avant. En aval de Is this it ?, il n’y aurait point de salut. Aussi, autorisons-nous une question qui désarçonnera peut-être ces grincheux : et si les Strokes, c’était mieux en 1969 ?

Oui, et si les Strokes, c’était mieux avant les Strokes ? Quand c’était le Velvet Underground qui se chargeait de l’office. Car la recette est semblable et le mimétisme, évident.

Chanson pop-rock de facture classique, voix mi-geignarde mi-goguenarde comme réduite par le haut-parleur d’un transistor ou d’un vieux téléphone, morgue de teenager new-yorkais à croûte de cuir : Lou Reed invente Julian Casablancas trente ans avant que ce dernier ne s’empare d’un micro. Mais rendons grâce à « Rrrrouliane » : il rendra la formule ainsi recopiée plus accrocheuse, plus catchy, et ne la laissera pas moisir dans un carton poussiéreux pendant quinze ans, comme l’a fait le gang du Velours Souterrain (de l’argot pour dire « vagin »).

Et puis c’est Sénèque qui disait qu’un bien n’était appréciable lorsqu’il se partageait. S’il faut adapter le beau d’hier pour faire le beau d’aujourd’hui, partagé par tous, et oublier un instant les emprunts faits dans une discothèque vieillie, connue par moins de monde ; pourquoi pas ? A condition d’y ajouter sa patte, son empreinte, un soupçon de soi. Et en aucun cas cela exclut de saluer le génie pop du Velvet, ni d’apprécier les Strokes, qu’il serait médisant de ravaler au rang de simples copistes. Le dernier Julian Casablancas + The Voidz ou le virage électropop des Strokes le prouvent.

Ironie : ceux qui se cantonnent à Is this it ?, au motif qu’il contiendrait tout le caractère séminal des Strokes, écoutent moins les Strokes que le Velvet Underground, Television ou New-York Dolls, certes gens d’excellente compagnie musicale mais qui ne sont pas les Strokes. En clair, ils ne connaissent des Strokes que leurs étagères à disques ; une discothèque où, contrefaisant le slogan de qualité d’une pub bien nineties, on peut dire que « qui a vu verra V.U.« . Vu ?

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