POLYPHONIC SIZE – Je t’ai toujours aimée (1982)

Un des anciens groupes de Roger-Marc Vande Voorde, leader de Polyphonic Size, avait pour nom Les Cookies. Si je vous dis ça, ce n’est pas par pure plaisir de l’anecdote, c’est pour habilement glisser que ce morceau, pourtant composé et enregistré en un tournemain afin d’ajouter une ultime chanson à l’album dont il est issu (Live for Each Moment / Vivre pour chaque instant), est une pépite. Mais attention, pas une pépite de chocolat ; si médaille il y a, elle est au moins d’argent (il paraît que seul le silence est d’or).

Lassé d’aller attacher Manœuvre au premier étage de la Tour Eiffel ou d’aller coller des mawashi geri dans le museau des impudents qui viendraient le titiller, c’est Jean-Jacques Burnel qui prend le micro sur ce « Je t’ai toujours aimée ». Le ténébreux bassiste des Stranglers tient aussi le manche de la basse et les rênes de la production, mettant par sa présence les deux Belges de Polyphonic Size dans la lumière tout en leur volant la vedette.

Il ne faut cependant pas chercher un possible lézard ici. Burnel, pièce rapportée aussi luxueuse que récurrente, contribuera à d’autres morceaux du groupe. Et puis, les liens entre les Stranglers et Polyphonic Size puisent leurs racines plus profondément que cette collaboration. Avant même d’initier Polyphonic Size, Roger-Marc Vande Voorde rédigeait un fanzine dont le titre, Strangled, laissait entrevoir qu’il était consacré aux Stranglers.

Il est donc logique que « Je t’ai toujours aimée » laisse filtrer l’influence des Stranglers, en particulier de l’admirable Féline. On sent la patte souple de la panthère noire, celle qui s’est éclipsée sans bruit ni coup férir, sur ce morceau synthwave feutrée arrosée de Pelforth tiède, où les bouillons amers couleur bleu à l’âme charrient des regrets par packs de douze.

Avec cette chanson de rupture imminente qui sera reprise (en moins bien) par Dominique A, le couple Vande Voorde fait montre d’un goût prononcé pour les élégies sur boîte à rythmes ; une inclinaison qui les conduira jusqu’aux playbacks de Platine 45 (oui, oui, chez Jacky). Pour pratiquer un tel grand écart entre post-punk romantique et gaudriole ras-des-pâquerettes pour enfants, il fallait vraiment qu’ils l’aient, la taille polyphonique.

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