ROYAL TRUX – Another Year (1998)

Inutile de se demander pourquoi Andrew VanWyngarden, une des deux têtes chercheuses de MGMT, est un fan absolu de Royal Trux. En écoutant « Another Year », un rapide comparatif fait matcher tous les ingrédients avec « Cool Song No.2 » : l’étrangeté orientalisante, l’aspect déglingué (et, osons le dire, copieusement drogué), le rythme chaloupé, la durée (quatre minutes). Et cætera ; tout colle, à l’exception de la production, bancale chez Royal Trux, luxuriante chez MGMT. Pas pour rien que Jennifer Herrema, moitié féminine de Royal Trux, a coécrit un titre (« Flash Delirium ») sur Congratulations, qui est un de mes albums fétiches.

Mettant la barre aussi haut qu’un Renaud Lavillenie, Royal Trux joue une singulière comptine psychédélique, avec une mélodie trempée dans l’acide (lysergique) percluse d’un brouhaha bordélique et barré que Jennifer Herrema colorie avec sa voix éraillée et chaude – une voix qu’Allison Mosshart de The Kills a bien copié pour devenir la référence rock’n’roll chérie des pubards, mais c’est un autre sujet.

Ovni brinquebalant avec son gimmick zézayant au kazoo, « Another Year » se range illico, et en bonne place, sur les étagères du bizarre, de la pop biscornue. Pour être un peu moins perdu dans ce roulis grinçant, on pourrait imaginer les références que le couple Hagerty / Herrema se serait donné : réunir le « Tomorrow Never Knows » des Beatles avec du lo-fi animiste cérémoniel, le tout à grands renforts hypnotiques de codéine et de psychotropes divers. On imagine surtout un grand lac vert, opaque, dont les remous inoculent à l’air une vrille singulière, court-circuitant les atomes du quotidien, enveloppant les cités dorées d’une gaze amphibolique. Voici les témoignages lointains d’une festivité alien passée à la moulinette allumée d’une entrée inopinée dans l’atmosphère terrestre, qui en a consumé les entournures. De quoi donner à votre gueule de bois post-réveillon des aspects de satellisation spatiale.

Sur ce, je vous souhaite, ainsi qu’il est de coutume – et avec la bénédiction des dieux de l’Olympe, des Hoverboards Mattel, de l’année 5775 du calendrier hébreu, des hôpitaux psychiatriques et de la pâte à crêpes –, tout le bonheur possible pour les trois-cent-soixante-cinq prochaines journées. En clair, bonne année 2015 !

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