MELON GALIA – L’occasion de me taire (1998)

Pour mettre 1998 à feu et à sang, il ne fallait pas compter sur Melon Galia. Car ces Belges, au nom quérable seulement chez le primeur, n’ont jamais dépassé le stade du gentil groupe sympathique et œuvraient dans une indie-pop qui ne faisait pas vraiment la part belle aux éclats rageurs qui font exploser les têtes, d’ampli ou non. Paris sous les bombes, très peu pour eux.

Dans le coton douillet de son indie-pop ligne claire, ce qui n’était alors qu’un duo (ils ont depuis accueillis trois autres têtes) préfère présenter, en morceau principal de son EP initial autoproduit, une saynète vieille comme l’adolescence, et à la fois aussi simple et compliquée qu’elle. Distribution : une fille, un garçon. Scénarii possibles : comme dit Daniel Darc, « il n’y a que deux sortes d’histoires d’amour : le garçon perd la fille, la fille perd le garçon ». Bon, là, l’idylle n’aura même pas le temps d’aller au-delà des prolégomènes ; c’est cette phase-ci d’attirance, ces balades dans la parc d(e l)’attraction(s) amoureuse(s) qui sont racontées ici.

Creusant la veine des émois et des chagrins traversant les ventricules, cette saynète rohmerienne sur fond de guitares twee se place, l’air de ne pas toucher, au croisement des médiatrices d’un triangle dont les sommets n’auraient pas l’austérité alphabétique de se nommer A, B et C mais se baptiseraient The Field Mice, Stereolab et Dominique A. Hésitations floues, voix symbiotiquement entrelacées, souvenirs pastels d’une déconvenue pour l’un, d’un petit jeu malicieux pour l’autre. Dialogue sans armes, ni haine, ni violence, ni butin. Juste des frôlements platoniques, délicieux et doux-amers à la ressouvenance, mais qui n’iront guère plus loin ; du vécu, sans nul doute.

On pourra faire la comparaison avec Watoo Watoo. Ou avec la première version du « Slow » par Granville, si l’on met de côté la section rythmique bien plus en avant et sa structure plus classique couplet-refrain-pont-refrain (au contraire de la suite dialoguée de « L’occasion de me taire ») ; mais les deux morceaux ont un point commun essentiel : ce sont deux nuages pop dans un ciel azur pâle, deux petits morceaux tout doux pour cœurs tout mous qui ne veulent pas qu’on les quitte.

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