BOMB THE BASS – Beat Dis (1987)

J’en prends l’ami Ricoré à témoin, les matins sont une notion assez floue pour moi. J’ai entendu parler du concept, ça me dit quelque chose, mais dès que je n’ai aucune contrainte horaire de travail, il passe à l’as, sacrifié sur l’autel de la glandouille internaute jusqu’à 04:00 AM et du sommeil jusqu’à midi. Propension potentiellement handicapante, qui fera peut-être de moi un non-possesseur d’avenir, mais qui me réserve d’heureuses surprises. C’est ainsi qu’au cours d’une de ces pérégrinations noctambules sur les vagues incertaines du Gigaréseau que j’ai découvert, par l’entremise du blog Vivonzeureux de JB Brouchard (aka Pol Dodu), le morceau que voici. « Beat Dis » de Bomb the Bass, ici en version radio edit.

En samplant à peu près tout ce qui devait lui tomber sous la main – la BO de Shaft, le sample culte « This is a journey into sound », Public Enemy, Jayne Mansfield, de la funk, des vieilles séries TV, et bien d’autres – Bomb the Bass, projet du DJ-producteur londonien Tim Simenon, contribue à faire découvrir au grand public l’art de l’échantillonnage et de la récup’ sonore, avec d’autres gredins de l’exercice comme M.A.R.R.S, Coldcut, S’Express ou The JAMs. Heureux les samples d’esprit, qui ont tourneboulé la conception même de création en plus de vriller puissamment les synapses des danseurs de la maison aciiiiiiiiiiiiiiide.

Car malgré son patronyme le rapprochant de Maigret, Tim Simenon n’est pas du genre à guetter les chiens jaunes d’un pas lent et d’une grosse voix lasse, en fumant la pipe. Lui œuvre dans l’explosion acid house, quelque chose d’infiniment plus excitant que n’importe quel téléfilm avec Bruno Crémer. Dans la grande tambouille positiviste et multicolore, où la danse se prolonge dans une semi-conscience extasiée à en racler les plus infimes parcelles de la barre de vie, Simenon allume la mèche. Celle d’une vraie bombe.

Un graffiti sonore qui sent bon les 80s, avec cette espèce d’insouciance fin-de-l’histoire, un joyeux patchwork post-moderne mélangeant groove, scratches, soul, rock, vieilleries, remontées acides ; une décoction capable d’enflammer n’importe quoi. Même la gueule d’un dragon, qui ne dort surtout pas, n’en déplaise à Harry Potter ; que j’ai d’ailleurs surpris en train d’utiliser le Retourneur de Temps pour aller se la coller à la Hacienda, le fieffé fripon. Mais comment le blâmer ? Qui lui en voudrait de se joindre à cette gaieté délirante sans souci du lendemain, du mal, du quotidien, de Voldemort ? Fiers sacripants, le monde est à vous et le groove dans vos cœurs, pour l’éternité tant que dure la fête. Monte les basses, mec.

 

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