PONI HOAX – Antibodies (2008)

PONI HOAX – Antibodies (2008)

Bordeaux. 44 degrés nord, 0 degré ouest et une quinzaine de degrés Celsius samedi soir dernier où j’ai été au concert gratos que donnait Poni Hoax sur la rive droite de la Garonne. Et woah, la claque ! Grosse présence, public survolté, musique pop apocalyptique d’une intensité folle. Au deuxième morceau, le batteur était déjà debout sur sa grosse caisse en train de fracasser toms et cymbales avec l’ardeur d’un survivant de la famille Pierrafeu. Et de « Down on Serpent Street » à « There’s Nothing Left for You Here » avec un détour par la capitale magyare, il n’était pas de l’ordre du canular (mais celui de l’évidence) d’affirmer Poni Hoax comme l’une des meilleures formations rock’n’pop hexagonales.

Un jour, il faudra bien que la France se rende compte qu’elle a en la personne de Nicolas Ker son David Bowie 1975-1983 : d’une station l’autre, la même classe, le même groove, le même timbre. Criminellement sous-estimé malgré des morceaux catchy à souhait, faudra-t-il que Poni Hoax se mette au pony play telle une vulgaire Lady Gaga pour attirer l’attention du public et des radios ? Ou serait-ce l’usage de l’anglais pourtant déclamé avec aisance qui leur barre la route au pays de la Variétoche-Trésor-National ? Seraient-ils trop crevards, pas assez dans le vent, pas assez sexy ? Quelle qu’en soit la raison, elle est injuste.

Prenez « Antibodies ». Sur une rythmique piochant dans le post-punk avec des capillaires funky (œuvre de Laurent Bardainne, le clavier et compositeur attitré du groupe), Nicolas Ker envoie un souffle dansant qui envoie valser les clopes qu’il se fume sur scène, les réserves, les images de toutes les Sigrid possibles. Une sorte de disco-rock crépusculaire, taquinant l’épique pour mieux le synthétiser en un digest radio-friendly. Et vous savez quoi ? En live, c’est encore mieux. Pourtant, en version studio, avec ses cocottes de synthé et de guitare, ses renforts de piano sur les refrains et sa longue coda des plus appréciables, c’est déjà une bombe.

Ajoutez à ça un clip marquant (une histoire de poisson asphyxié et d’avortement qui mettra en joie les Bardot-Barjot), à la manière du « Stress » de Justice, et je comprends encore moins qu’un titre pareil, surtout accolé aux autres morceaux qu’ils ont sortis, ne puisse permettre les géolocaliser dans le onze titulaire de la 21th Century French Pop. On ne se déclarera pas en état de guerre pour ça, mais tout de même, c’est dommage. Remarquez, vous pouvez toujours réparer cette injustice en allant fureter du côté de leur discographie et abreuver ainsi à bonne auge votre sono MP3. Ca ne sera déjà pas si mal.

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