Dee Dee Ramone a sorti un des pires morceaux rap de tous les temps (mais il se foutait de votre avis)

Les années 80 ont été rudes pour les Ramones. Ecoutez Subterranean Jungle pour vous en convaincre. Sinon, le reste a pas été joyeux non plus, entre single produit par Dave Stewart (le gars de Eurythmics !), cures de désintox, multiples changements de line-up et, ultime craquage de câble, ce morceau solo de Dee Dee Ramone qui atteint des sommets d’improbable.

Explications de Dee Dee ? « A la fin des années 80, j’ai vraiment été absorbé par le rap, raconte-t-il à Technikart en 1994, cinq ans après les faits. Il y avait de la fraîcheur là-dedans, de l’attitude, le truc qui claque, quoi, et qu’on avait déjà tendance à perdre avec les Ramones. Alors, j’ai fait un album solo de rap. Il n’a pas marché. Mais je continue à écouter du rap. J’adorerais faire un morceau avec ce Snoopy Dog (sic) ! J’adore ses textes : la rue, quoi ! Mais je crois qu’il se foutrait de moi. »

Il y aurait effectivement de quoi. Voir le punk-rockeur singer la gestuelle hip-hop est aussi touchant qu’embarrassant, tant cette conversion premier degré (Dee Dee Ramone est devenu Dee Dee King pour l’occasion) est consternante. « Funky Man » s’apparente, quelque soit le bout par lequel on le prend, à une catastrophe : clip, voix, flow, production, instru, crédibilité, rien ne va, rien de chez absolument rien. Usez du bouton play sur la vidéo généreusement fournie par TonTube (ô joies de la véhef) pour constater les dégâts. Attentions les yeux et les oreilles ; il faudra peut-être vous les nettoyer avec de l’alcool à 90°.

Dee Dee se rétracte-t-il ? No way. Les glaviots recueillis après cette, euh, chose devant lui rappeler les grandes heures punk du CBGB, le voilà désormais qu’il se pointe aux concerts des Ramones attifé d’un attirail 100% rap, grosses chaînes en or au cou. Incompréhension générale dans la faune punk. Rien à foutre, trouvant les Ramones coincés dans un immobilisme néfaste, Dee Dee continue à incarner Dee Dee King.

Il persiste donc en sortant un LP complet, Standing in the Spotlight. Chassant sur les terres rap mais aussi punk et pop, cet album, malgré quelques chansons mal dégrossies mais écoutables (« Emergency », « German Kid ») et le renfort de deux Blondie (Debbie Harry aux chœurs et Chris Stein à la guitare), sera lui aussi un four monstrueux. Enfin conscient d’être totalement à côté de la plaque, Dee Dee retournera alors dans le giron Ramones jusqu’à la séparation du groupe en 1995.

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