THE BEATLES – Free as a Bird (1995)

Au moment où Pink Floyd, qu’on pensait mort et enterré, nous refait une énième fois le coup de l’auto-hommage et de la nostalgie (le fabuleux Wish You Were Here et une partie de l’inégal The Wall pour Syd Barrett, le mollasson The Division Bell pour ce qu’avait été le groupe et maintenant le dispensable The Endless River pour Rick Wright), penchons-nous sur un groupe qui, lui aussi et bien qu’on l’ignore souvent, s’est reformé d’une manière inattendue : les Beatles.

On connaît pourtant la célèbre sentence de George Harrison : « Les Beatles ne se reformeront pas tant que John Lennon restera mort. » Eh bien, il n’avait pas tout à fait raison. Il aurait dû le savoir, puisque la formule venait de lui : tomorrow never knows. En effet, l’histoire discographique des Beatles ne s’est pas arrêtée en 1970 et Let it Be.

En 1995, dans le cadre du projet Anthology, les trois Beatles pas encore poignardés par Henry Chapman décident, tant qu’ils en sont à compiler les meilleurs mets de leur buffet de scarabées, de bosser sur du matériel neuf. Yoko Ono leur transmet alors une cassette avec quatre démos enregistrées au milieu des années 70 par John Lennon.

C’est ainsi que « Free as a Bird », composé en 1977 par un Lennon alors menacé d’expulsion des USA, se retrouve entre les papattes de McCartney, Harrison et Starr, avec Jeff Lynne d’ELO aux manettes. La démo est incomplète et le chant comporte des trous, mais ceux-ci seront comblés par des ajouts de McCartney et Harrison. Si bien qu’il s’agit du seul titre des Beatles où John, Paul et George se partagent le chant principal.

Le résultat donne un bon morceau, émouvant, sur lequel plane la voix mal enregistrée de Lennon (le voilage provenant du magnétophone sur lequel était conservé ce morceau à l’état de démo). Mais au-delà de sa qualité, presqu’aussi élevée que les « vrais » morceaux des Fab Four, cette chanson est surtout un symbole immense (les retrouvailles des Beatles), parcouru d’une inévitable patine nostalgique ; comment pourrait-il en être autrement quand on revient à la source de ce qui fut grand avant, sans la jouvence ?

Quand un cygne ressuscite un brin instant et tire une dernière fois sur la corde (vocale), ça doit ressembler à ça.

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