DEATH – Freakin’ Out (1974/2009)

La question ne vous brûle sans doute pas les lèvres comme une cystite orale mais je la pose tout de même en préambule rhétorique, tout en espérant ne pas être avalé par le même vortex que Willy Sagnol il y a peu : peut-on jouer du rock avec un taux de mélanine crevant le plafond ? La réponse est oui, bien sûr : Jimi Hendrix est là pour l’attester. Mais derrière lui, il faut chercher un moment pour trouver ses successeurs. Il y a, quand même, ouf. Citons-en trois : Arthur Lee (de Love), Bad Brains et Death.

Oui, Death. Pas le groupe initiateur du death metal qui prendra le même nom dans les années 80 (avouez que ça n’aurait absolument rien à voir après toute cette intro), mais des Noirs protopunk bien plus proches des Stooges et du MC5 que de la Soul Line et de Motown Records. Les trois frères Hackney, intransigeants, mystiques, envoient de la disto et des décibels en veux-tu en-voilà, à en faire surchauffer les chaînes de montage des usines Ford.

Hélas, abandonné par les labels, les radios, leur communauté, le monde et le Multivers, l’album … For the Whole World to See ne sera pas publié à l’époque. Il faudra attendre 2009 pour que cette injustice soit réparée et que Death soit (à une petite échelle) réhabilité. Pourquoi donc un tel désintérêt à l’époque ?

Eh bien il faut dire que le trio ne concède rien. Ni sur leur musique (du rock pied au plancher), ni sur leur nom. Baptisé à l’origine Rock Fire Funk Express, Death devient Death suite à la mort de leur pasteur de paternel, renversé par une voiture après qu’il fut tombé d’un pylône électrique (!). De ce drame naîtra une symbolique singulière, autour du triangle (leur label s’appelait Tryangle) qui formera leur logo[1]. Et lorsque Clive Davis, ponte du disque, leur propose un contrat à la condition qu’ils changent de nom, la réponse est claire : niet.

Voilà qui condamnera … For the Whole World to See à rester dans les cartons[2], au lieu de faire un carton. Mais ouf, ce ne fut que partie remise. Et comme il vaut mieux tard que jamais et qu’Internet permet tous les voyages discographiques, il n’est pas trop tard pour que Death vienne mettre l’amende à Taylor Swift, avec cet album qui a retourné Jack White et qui n’attend qu’une chose, que vous posiez vos oreilles dessus pour qu’il vous fasse la même chose. La mort vous attend.

__________________

[1] Trois points en triangle équilatéral, et un quatrième point à l’extérieur de ce triangle, représentant l’esprit guidant à travers les ténèbres et la mort. Un aperçu ici.
[2] Seuls sera autoproduit un single deux titres, « Politicians in my Eyes » et « Keep on Knocking », autoproduit à 500 exemplaires, avant que Death n’abandonne cette orientation proto-punk et, changeant de projet et de nom, ne passe au reggae et au gospel.
 

 

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