THE VELVET UNDERGROUND & NICO – Heroin (1967)

Pas besoin d’être le professeur (D)Rogue pour savoir que l’héroïne a provoqué des ravages parmi les zicos depuis des décennies. De Keith Richards à Kurt Cobain, de Miles Davis (qui s’est fait enlever sa baraque à cause de la blanche et devenait maquereau pour payer ses doses) à Dee Dee Ramone (qui, lui, se prostituait pour les vieux gays de New-York), de Billie Holiday à Janis Joplin, de Sid Vicious à Anton Newcombe, la liste est longue comme le bras garrotté d’un camé s’injectant un shoot.

Et dans cette liste figure en bonne place le Velvet Underground. Avec Lou Reed à sa tête, qui n’est pas exactement quelqu’un dont le portrait pourrait illustrer la formule « un esprit sain dans un corps sain ». Junkie hautain, retiré derrière sa morgue et ses lunettes noires, ayant subi ado un traitement à base d’électrochocs pour le « guérir » de son homosexualité, Lou Reed sera sacré par Warhol « prince de la nuit et des angoisses ». Ambiance.

D’un tel groupe, il est logique qu’il ne fasse pas des ritournelles sur les petits zoziaux et les pique-niques dans les champs de fraises éternels. De quoi parle donc The Velvet Underground & Nico, leur premier et mythique album homonyme ? De SM, de violence, de rencarts glauques et de défonce. Concernant ce dernier point, le Velours Souterrain signe sans doute le morceau définitif, stupéfiant, concernant la came : « Heroin ».

La chanson débute doucement, avant que la batterie de Moe Tucker[1] ne soit prise de tachycardie et que le violon de John Cale ne bascule dans des stridences incontrôlées. Afflux sanguin maximum, décollage par la grâce d’un kérosène opioïde qui outrepasse les lignes (blanches). « When I put a spike into my vein / Then I tell you things aren’t quite the same ». Avant la descente, le reflux et le post-orgasmique. Avant la prochaine prise, la prochaine expérience, le prochain envol qui consume les ailes un peu plus à chaque fois. « I’m goin’ to try to nullify my life », exaltation masochiste et nihiliste. Hééééééééé-rooooo-ïne …

Mouais, très peu pour moi ; je préfère les fraises Tagada. Mais cette chanson est tout de même renversante. Narcotique.

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[1] Qui, non, n’est pas le nom du barman des Simpsons, d’autant plus que Moe est le diminutif de Maureen, donc, oui, c’est une femme.
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