BLIND DIGITAL CITIZEN – Reykjavik 402 (2012)

Tout le monde s’en fout mais il y a un peu plus d’un an j’ai fait avec deux amies un petit détour de quinze jours en Islande ; la première fois que je décollais du gros machin eurasien. Autant dire que lorsque j’aperçois un morceau évoquant la Björk Island, je m’enquiers presque systématiquement de sa teneur avec une oreille curieuse, étant donné qu’il n’y a pas beaucoup d’express, qu’importe l’envergure, qui s’y attardent.

Ceci psalmodié, venons-en à Blind Digital Citizen. Bardé d’un patronyme ternaire qui ne cache pas ses intentions, Blind Digital Citizen est un groupe tiraillé entre Alain Bashung (l’influence évidente de ce morceau), Joy Division et Rone. Oui, on va tout faire par trois ; ça fera plaisir à Dumézil. Ainsi font, font, font …

Avec un souffle pop-rock ambitieux au goût de cendre et de métal froid, Blind Digital Citizen malaxe le cœur de l’automate sur leur EP Le Podium #5. Désinvolture classieuse, buée électronique et groove sidérurgique, telles sont les mamelles nourricières du « Reykjavik 402 » délivré par ces outsiders des contre-allées, débusqués au hasard des ruelles tortueuses du réseau interouèbe.

Rafistolés au chatterton, ces résidents de la république pop-rock ont pris place à bord d’un sacré vaisseau, une petite Entreprise qui ne connaît pas la crise (Moodoïd, Superets, Lafayette). Certes, ils n’ont pas encore de pétrole (même bleu), mais admettons-le sans complaisance, le quintet de Maubeuge a des idées, fixes et bien campées. Des rivages islandais au Walhalla, en passant par les coruscations urgentes d’une guerre paradoxalement emplie d’espoir[1], les pérégrinations de ce Citoyen Digital Aveugle ne manquent pas d’allure.

Incisant au scalpel dans le pastel planant, puis effleurant les cicatrices avec une distinction tout particulière, déclamée en français de surcroît, ce ne serait que justice qu’ils tournassent en playlist des radios-cocorico. Ca devrait être le cas d’ici, mmmh, disons, 2043. Même si ce sera sans doute trop tard, l’apocalypse les aura précédé (bah oui, les JO 2020 à Tokyo … Akira … ça ne vous dit rien ?) et l’enfant flamme se sera consumé. Il n’est d’ailleurs pas dit que ce ne soit pas le nom de leur désir. A chacun ses fantaisies, fussent-elles militaires.

« Le meilleur est à venir, le meilleur est ici. »

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[1] « War », sans doute le meilleur morceau de leur discographie jusqu’à présent. Vous pouvez y aller, c’est de la bonne.
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