FRANCE – Sur les Routes de France (2011)

FRANCE – Sur les Routes de France (2011)

Hollande, Valls, Sarkozy, Le Pen, De La Rochère … La politique française vous déprime et vous avez raison. Dire que Juppé est aujourd’hui un des hommes politiques les plus populaires de l’Hexagone, ça doit bien faire rigoler ceux qui ont connu 1995 (l’année, pas le groupe). Bref, face à la capilotade sous Prozac, à la guignolesque inefficience du social-libéralisme et aux torrents de réacs ineptes qui voudraient nous réexpédier en 1952, le refuge est tout trouvé. Votez France.

Pas celle bleu-blanc-très blanche qui monte au front (national) pour défendre la famille en faisant hurler des slogans homophobes à leurs mouflets, pas celle qui a la Gall, non. Plutôt la France möderne qui revend le château de Versailles pour réécouter Château Marmont, la France en transe qui confond pyramide du Louvre et celle d’Alive 2007, celle qui écoute en boucle Space, Télex, Space Art, Rockets.

Celle qui fonce en bagnole la nuit, en trompant les spectres tapis derrière les platanes. « Grace Kelly et Lady Di, Roger Nimier, Edern-Hallier, Jean Rouch et Coluche, Françoise Dorléac, Jacqueline Delubac, Barthes Roland, Raynaud Fernand ». Et plein d’autres. Le vent siffle en profilant l’aérodynamisme de la carlingue, les bandes blanches défilent à ne plus les distinguer, l’aiguille se fiche dans les niveaux d’alerte, fusion de sang-froid et de moteur surchauffé. Lescop relit Crash! dans un blouson de plastique bleu.

Supergroupe italo-disco lancé comme une blague par Henning Specht, François Remigi et Pierre Gastou, France s’est finalement concrétisé, via un superbe EP (Grand Tour, en 2011) et un album (Moderne, en 2014), comme un intéressant projet, trop méconnu. Une coagulation néostalgique faussement patriote, du futurisme Schnock, les épigones synthétiques de l’ère Chaban-Delmas projetés vers un an 2000 uchronique, où l’œkoumène du Monde Libre s’est étendue jusqu’à une Pluton terraformée, où l’on se rend à la Fédération Nationale d’Achats des Cadres pour acquérir un cybervinyle de psykodisco à quatre-vingt-dix eurofrancs, où la Tour Eiffel relaye les faisceaux de l’ORTF holographique codant sa propagande du Progrès dans un infralangage hypnopédique seriné au cœur des cités-dortoirs de Néo-Lutèce, où les Peugeot 404 à propulsion nucléaire emmènent les familles vers la Mer de la Tranquillité et ses clubs-vacances franchisés.

De 2011 à l’an 2000 via les deux chocs pétroliers (73 et 79). Partir, revenir en arrière, faire demi-tour direction futur, prendre l’embranchement SFFF (Science-Fiction Fantaisie Française) et découvrir le dépliant panoramique, une traînée tricolore dans le ciel noir étoilé. Souchon rencontre Visage dans le « Spacelab » des prophètes androïdes de Düsseldorf, où traînent déjà tous les spécimens cités précédemment ; la Radio Nostalgie électropop d’un continuum parallèle.

Tout cela est bien plus pertinent (et poétique) que n’importe quel retournement de veste superluminique de Manuel « TINA » Valls. Le prochain à rejoindre la liste des embardées fatales ?

PS : Une pensée pour Jules Bianchi, en espérant qu’il ne rejoigne pas François Cevert.

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[1] 550 likes Facebook (dont votre serviteur), aucune sortie au format CD (que du vinyle et du numérique)
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