CETU JAVU – ¿ Por Qué ? (1991)

Facebook, ses posts existentiels, ses photos de chat et de bouffe[1], sa guerre du like (que j’ai perdue il y a belle lurette), et d’autres trucs globalement inintéressants quand on y repense. La machine ultime à procrastiner (jusqu’à la prochaine), vacuité hyperconnectée de nos existences à laquelle on se soumet tout de même parce que je noircis quand même le tableau et qu’il y a des trucs plutôt sympas. Mais passons.

Tout ça pour dire que j’ai découvert ce morceau grâce à un ami fan de New Order (fan à un point tel qu’il a fait du crochet patronymique du bassiste son pseudonyme du réseau Zuckerberg) qui l’avait posté sur mon mur. Cetu Javu. Aucune idée de ce que ça veut dire. Un groupe allemand qui chante en espagnol une synthpop imitant à la perfection un groupe de Manchester : bienvenue dans le new (dis)order européen. Une belle auberge espagnole, en tout cas. Un an avant Maastricht (et un peu plus avant Klapisch), Cetu Javu trace un nouveau bizarre love triangle à grands renforts de bière et de tequila dans le métabolisme.

S’il est d’ordinaire conseillé de ne pas mélanger les alcools sous peine d’effets indésirables du genre gueule de bois en séquoia massif, Cetu Javu n’en a visiblement cure. En bon rejeton indie-dance neworderien qui soit, place est donnée au moment présent, à la fête, à la joie, même matinée de dérisoire. Leurs radiances sont peuplées de mânes (Ian Curtis[1], tata Simone, qui sais-je encore ?), ectoplasmes tutélaires qu’il s’agit de faire danser, eux aussi, dans cette hacienda propice au joyeux vrillage de ciboulot. Quand bien même les échos solaires laissent filtrer des ondelettes mélancoliques, le morose, le blême sont repoussés aux calendes grecques (tiens, encore un pays européen de plus !), au lendemain, au-on-envisagera-ça-plus-tard.

Et quand, après quelques morceaux de bon aloi (« Situations », « Have in Mind », etc., lesquelles penchent d’ailleurs plus vers Depeche Mode), il fut l’heure de s’enfiler du paracétamol dans le cornet, en 1994, Cetu Javu s’est dissous. Pfiout, disparu. Et depuis, contrairement à New Order (un bon album en 2001), plus rien. Le chanteur Javier Revilla, et sa voix de Dave Gahan, s’est recyclé à l’université d’Hanovre, comme prof de géographie. C’est la seule chose qu’on sait ; les autres semblent avoir disparu des radars façon Dupont de Ligonnès (la séquence trucidage familial en moins, ouf !)

The hacienda must be rebuild.

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[1] à quand la fusion des deux ? Ca doit être bon du chat à la broche …
[2] Notez que dès que l’ombre de Ian Curtis ne s’est plus fait sentir au-dessus de New Order, quand ils ont commencé à reprendre des chansons de Joy Division en concert (avec New Order ou dans leurs différents projets solos), soit vers 2002, New Order s’est cassé la gueule : l’inspiration qui se barre en courant, déclenchement de la guerre des égos (et du fric), écriture d’autobiographies en pagaille, muséification.
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