LFO – Freak (2003)

Quand on cite les albums étourdissants sortis en 1991, il en est un qui est systématiquement oublié. Frequencies, de LFO[1]. Certes, en 1991, quiconque écoutait de la techno se faisait quasiment lapider en place publique par l’opinion, à base de « c’est du boum-boum pour drogués décérébrés, ta « musique » … » mais, tout de même, le temps a donné raison aux apôtres des machines. Et Frequencies est un album dément, du manifeste « LFO » à la trance de « Simon from Sydney » en passant par le post-kraftwerkien « We Are Back » ou le carillonnant « Tan Ta Ra ».

Et en 2003, après diverses escapades (production de Björk et Depeche Mode), Mark Bell revient sonner les cloches. Seul ; Gez Varley s’est définitivement barré en 1996. Mais c’est bien LFO qui revient traumatiser une nouvelle génération de raveurs. Pour convaincre les derniers sceptiques de la fosse, il envoie « Freak ». Monstrueux.

LFO, IDM, fou. C’est pas chic, c’est choc. Un gros parpaing techno pris en plein dans la tronche. Après l’hégémonie house filtrée de la French Touch, les beats violents et les désarticulations cybernétiques font leur retour sur le devant de la scène, avec les amplis qui crachent et les potards au max.

C’est reparti comme en 91, les gars ! Douze ans après, Nirvana enterré, Pixies éclaté, MBV en hibernation, Red Hot Chili Peppers virés guignolos californiens, Guns & Roses agonisant, Underground Resistance moins présents, il ne reste plus que Primal Scream, Depeche Mode et LFO pour tenir la baraque côté vétérans. Et, hélas, LFO bientôt rejoindra le cimetière des éléphants ; ce kick-ass fabuleux ne s’assouplira pas mais s’assoupira, mort.

Si bien que « Freak » est leur chant du cygne, entonné d’une voix cyborg caverneuse sur une rythmique trempé dans l’acier et l’acide. A écouter bien fort, en se moquant des pseudo-privilégiés ayant réussi en cassant leur PEL à pour se payer une entrée à un des concerts de Kraftwerk (ou ce qu’il en reste[2]) à la Fondation Louis Vuitton (sans commentaire …). Une chose est sûre : Bernard Arnault n’écoute pas « Freak » et comme on l’emmerde plutôt, c’est pas plus mal.

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[1] LFO se rapportant à low frequency oscillator, une fonctionnalité de synthétiseur souvent utilisée en musque électronique.

[2] De la formation canonique il ne reste que Ralf Hütter, Florian Schneider étant le dernier historique à avoir pris la poudre d’escampette en 2009. Et Kraftwerk n’a pas sorti un album studio depuis 2003 et Tour de France, lui-même succédant à Electric Café paru en … 1986 (et à The Mix, en 1991, auto-remix de quelques uns de leurs classiques). 

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