THE WAKE – English Rain (1991)

Quoi de mieux qu’un groupe écossais chantant la pluie anglaise pour marquer la tenue, aujourd’hui, du référendum sur l’indépendance de l’Ecosse ? Bah, pas grand chose, c’est pour ça que je vous propose d’écouter The Wake. Si ça n’avait pas été sous ce prétexte, j’en aurais certainement invoqué un autre. Il faut écouter The Wake.

The Wake est un groupe indie-pop qui a eu l’insigne particularité, hasard des circonstances, de figurer au catalogue de deux labels quintessentiels du rock indépendant : Factory Records et Sarah Records. Et on comprend vite pourquoi. Le combo glaswégien (oui, de Glasgow), qui a hébergé à ses débuts le tout jeune Bobby Gillespie (eh ouais, et à la basse en plus !), sait comment trousser des chansons pop frôlant avec la perfection jusqu’à s’y confondre étrangement.

Vénéré par mes chouchous d’Aline (pour qui « Pale Spectre » est une référence incontournable, LA chanson pop par excellence), ayant bénéficié du soutien des défricheurs radiophoniques John Peel et Bernard Lenoir, The Wake est aujourd’hui un trésor caché. Qu’il convient de rétablir, au même titre que leurs collègues de The Field Mice.

« English Rain » devrait vous fournir tout un éventail d’arguments pour cela. On a le droit tout à la fois à un soleil mélodique renversant et à des rideaux de pluie mélancolique, pour un arc-en-ciel à faire se damner n’importe quel indie-popeux, fut-il né ou non de la dernière averse. La Miss Météo de Canal peut aller se rhabiller ; ce microclimat est inaltérable, fait de joie captée comme on peut et de désillusion entraperçue. Irrésistible mais déraillant si facilement de la voie du bonheur tracée. Tout en fragilité revancharde et innocence gris-bleutée inexpugnable. Guitares en avant, petites cascades de synthés aigrelets, mélodie imparable, voix énergique : un tube, qui n’en sera jamais un, hélas. On dirait Felt : même quand c’est parfait, tout le monde s’en cogne.

Et aujourd’hui, même revenu avec un nouvel album de The Wake en 2012 (que je n’ai pas encore écouté), voilà comment on peut imaginer Gerard « Caesar » McInulty :  l’esprit et la mine un peu triste, il marche lentement, remâchant sous son parapluie l’isolant des averses une mélancolie passée, une jeunesse enfuie. Quelque chose d’émouvant. C’est sans doute faux. C’est sans doute vrai.

Il est temps de vous réveiller. De (ré)écouter The Wake. D’acheter ses disques, de les télécharger, de les streamer, peu importe, mais faites un tour dans sa discographie, elle vaut véritablement le coup d’oreille. Vraiment. Vraiment vraiment. Commencez juste par cette « English Rain », ce bouquet de fleurs lancé dans le gris des flaques. Pour le pavé dans la mare, il faudra attendre la décision des compatriotes de The Wake : après la pop indépendante, l’indépendance tout court ? Vu comment ils sont fortiches dans le premier domaine, eh, pourquoi pas ?

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