Gérard CALVI – Obélix Samba (1976)

Quand on entend, accolés, les deux mots « Obélix » et « samba », les réactions sont diverses. Pas mal penseront au dernier album de Sébastien Tellier, d’autres auront à l’esprit l’image disgracieuse de Pierre Ménès se dandinant en bikini à paillettes sur le sable d’Ipanema, quelques uns se demanderont si le Corcovado n’est pas un menhir qui a subi les affres de l’érosion tropicale et un quarteron épars verra le visage d’Yves Calvi flotter en surimpression de leur vision déjà altérée par les caïpirinhas déjà écoulées dans leur système.

Pourtant, ce sont ces derniers qui sont dans le vrai. Alors, pourquoi Yves Calvi, me direz-vous, petit(e) ignorant(e) ? Déjà, je vous prierai de vous taire, et ensuite, voilà le mic-mac : Gérard Calvi, qui a composé cet « Obélix Samba », est le papounet d’Yves Calvi, présentateur de Mots Croisés, le rendez-vous des férus d’idiome débité en stères, et de C dans l’air, émission qui malgré les apparences n’est pas consacrée aux gaz toxico-radioactifs dégueulés partout par l’œkoumène.

Mais rassurez-vous, les deux minutes trente d’« Obélix Samba » (sorti en 1976 par EMI-Pathé sur un EP aujourd’hui quasi-introuvable) sont bien plus funky qu’un débat avec Christophe Barbier (qu’on pendrait bien avec son écharpe rouge) et Pascal Boniface à propos des nouveaux rebondissements du conflit israélo-palestinien. Ici, on a droit à du Brésil à en faire fondre les vinyles, Amazone auriverde qui ira je l’espère propager son réjouissant secret à tous les bacs à disques environnants.

D’ailleurs, tant qu’on en est à parler de contagion pour autre chose que le virus Ebola, on peut citer aussi au rayon samba française le « Liberté Egalité Sexualité » de Michel Magne. Un titre moins connu, Moi y’en a vouloir des sous ne bénéficiant pas de la rediffusion annuelle qu’M6 offre aux 12 Travaux d’Astérix. Pas dit que ce soit injustifié, je n’ai jamais vu Moi y’en a vouloir des sous ; pas dit qu’on ne puisse le déplorer pour Michel Magne, qui, ruiné, ayant dû céder son château d’Hérouville (où Pink Floyd, David Bowie, T-Rex et Polnareff avaient enregistré), s’est suicidé au Novotel de Cergy-Pontoise en décembre 84.

En revanche, Les 12 Travaux d’Astérix est un excellent dessin animé, sans doute le meilleur film décliné des aventures du petit Gaulois à la potion magique. La scène dont « Obélix Samba » est extraite n’est pas la plus perchée du lot, mais celle qui donne peut-être le plus envie d’entrer dans sa télé (au figuré hein, vous n’avez rien à gagner à le faire en vrai, sinon une électrocution et des points de suture). Entre bacchanale psyché irriguée en ambroisie et paradis rousseauiste érotique, une invitation hédoniste virevoltant délicieusement frustrante, car trop courte. L’Île du Plaisir, comme point d’orgue des Trente Glorieuses.

L’occasion de rappeler que la baie de Rio s’est autrefois appelée la France Antarctique, et qu’il fait trop beau et trop chaud pour travailler. Faites donc une petite escale.

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