JULIAN CASABLANCAS + THE VOIDZ – Human Sadness (2014)

Ca fait un petit moment que je n’ai pas délayé de lignes sur un truc nouvellement sorti. Du nineties, du eighties, du sixties, du seventies, oui, mais du 2014, nenni. Alors qu’il s’y passe des choses plutôt intéressantes. Regardez (écoutez).

Après un Comedown Machine qui a divisé la fanbase des Strokes (je suis de ceux qui ont adoré cette dernière livraison) et une apparition chez Daft Punk, Julian Casablancas continue à s’émanciper du cadre strokien en montant un side-project baptisé Julian Casablancas + The Voidz. Un guitariste mulet-moustache à la Gérard Blanc (Jeramy Berado), des fringues ensauvagées, un teaser rebootant Spinal Tap, des ambitions téméraires (celle de faire « un album protestataire » qui explorerait ces « interstices en musique qui n’ont pas encore été explorés ») : c’est clair, il n’est pas question d’aller draguer les énamourés d’Is This It.

Première fusée lancée depuis Tyranny, l’album prévu pour le 23 septembre, ce single de onze minutes (oui, ONZE FUCKING MINUTES pour UN SINGLE !) qui du coup ne passera sans doute jamais en rotation radio. Et c’est bien dommage.

Certains pousseront des cris d’orfraie, invoquant une bouillie pénible d’un poseur prétentieux. Rien à foutre. Car, sous ses aspects bordéliques, ce morceau est bon, ce morceau est audacieux, ce morceau est brouille-pistes. On commence par une petite mélodie « à la Strokes », que Casablancas va s’ingénier à barbouiller, rayer, contorsionner, liquéfier en y introduisant des allèles mutagènes. Il y a une progression, entre écorchures rock, torsions arty-noise et une boussole tendue vers l’épique. Une réussite, qui s’accroît à mesure des écoutes. On apprend à savourer les parties, les enchaînements, les détails, comme d’un tableau géant qu’on voudrait examiner sous le moindre des reliefs et des motifs. Mention spéciale au riff brouillé de guitares semblant des sonars rembobinées au couteau ; les petites-filles sirènes mutantes des mouettes entendues dans les « Echoes » du Floyd rose.

Tristesse humaine ? Certainement pas. Du moins, pas musicalement. Enter The Voidz.

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