UFFIE – MC’s Can Kiss (2010)

Dans le petit monde pitre et carnassier de la hype, quatre ans, c’est long. Très long. C’est comme si on remontait jusqu’au protozoaire. Aujourd’hui, Uffie n’a que vingt-six ans mais son tour est passé depuis pas mal de temps. Depuis quatre ans, si vous avez tout suivi.

En 2010, Uffie, la poupée clubeuse d’Ed Banger, sort enfin son album Sex Dreams and Denim Jeans, annoncé depuis trois ans. Aux crédits et à la tracklist, on sort notre petit calepin et on note. Cinq producteurs, et pas des moindres, ça va, la belle sait avec qui traîner : Mirwais, Feadz (son ex-compagnon), SebastiAn, Mr.Oizo et J-Mat. Des featurings de Mattie Safer (The Rapture) et de Pharrell Williams, à l’époque pas complètement une prostipatétipute de l’exercice. On déniche aussi une cover de Siouxsie & The Banshees. Bref, tout cela semble annoncer un succès crossover qui fera sauter la banque.

On lui promet une trajectoire fracassante, un strapontin réservé à son nom au sommet des charts, des rotations à foison, le triple 7 de la machine à sous,  combinaison gagnante d’un underground branché club et du mainstream pour quidams. Bug : dans les faits, Uffie obtient un joli score, mais rien d’affolant. Pire, Uffie se fera dévorer très vite par les vampires de l’oubli (Uffie contre les vampires ; vous l’avez ?). Regrette-t-on cette disparition ? Bof … L’album était très médiocre.

Cependant, le nom d’Uffie mérite d’être conservé pour une chanson. « MC’s Can Kiss », single de l’album susmentionné. La voix d’Uffie empoigne le morceau, ondulant sur le rythme, le sabre au clair ricochant les éclats stroboscopiques et des faux diams Swarovski. Entre acid house fortement dosé en rock et flow rap, la bitchy mignonne devient pile électrique, saute et tourbillonne sur la piste, donnant le tournis à toute l’assistance. Impossible de ne pas se laisser entraîner.

Il n’y a que cette coda au saxophone qui laisse dubitatif, même après vingt-cinq écoutes. Ce n’est pas suffisant pour altérer ce morceau, à écouter aussi bien la nuit, quand elle vous transforme en sales gosses avant de vous faire disparaître, que le jour, pour vous donner de l’élan. Un vrai bon morceau.

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