MORRISSEY – Istanbul (2014)

Répétons-le pour les Y qui auraient échappé aux Smiths : Steven Patrick Morrissey est un cas. Un cas à part. Option 1 : le considérer comme un génie. Option 2 : lui coller l’étiquette de crétin notoire égocentré. Option 3 (la mienne) : dire qu’il est 49% l’un et 51% l’autre. En somme, un gros con talentueux, à la fois point de ralliement et prétexte à sortir la boîte à ricanements. L’équation est ainsi (imparfaitement) posée : Morrissey = Kanye West x Aymeric Caron.

Tombé depuis plusieurs années déjà dans un semi-anonymat seulement déchiré par ses saillies misanthropes et/ou pro-animales à faire passer Brigitte Bardot pour une détendue du tanga, auteur d’une des vidéos musicales les plus WTF de 2014[1] (son teaser de « Earth is the Loneliest Planet » avec Pamela Anderson), ayant soumis les collaborateurs de son dernier opus à des exigences délirantes pendant l’enregistrement de celui-ci[2], son dixième album solo World Peace is None for Your Business s’apprêtait à recevoir une pluie de lazzis et de moqueries. Il n’en a pas été ainsi. Certes il est trop long (1 heure 20), certes il est parsemé de mexicaneries en trop grand nombre (c’est bon Momo, on a compris que c’était au pays de Speedy Gonzales que t’étais le plus populaire maintenant), mais il contient des chansons remarquables.

« Istanbul » n’est pas la moindre d’entre elles. Morrissey trace la même route que Daho. La voix altière (mais pas sur-affectée) domine son sujet, sur des arrangements rock tirés à quatre épingles, parsemés çà et là de morsures qui picotent les circuits de Mnémosyne.

Finalement, inversons les proportions. Morrissey : 51% talent, 49% bouffon. Et musicalement, bien plus de talent encore. Le Moz n’est pas encore mort ; voilà qui devrait, de contentement, faire secouer le popotin de Miley Cyrus[3].

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[1] La palme revenant incontestablement à la vidéo entre The Flaming Lips, Moby et Miley Cyrus intitulée « Blonde Superfreak Steals the Magic Show », dont le synopsis bien frappé est détaillé ici.

[2] Pour plus de détails à ce propos, lisez cet article.

[3] Miley Cyrus qui a repris les Smiths sur scène. D’ailleurs, à ce propos, petit aparté : n’y a-t-il que moi qui suis intrigué par le virage que Miley Cyrus semble prendre ? Pur produit de l’entertainment états-unien, avec pop-EDM prédigérée (pré-vomie ?) et hyper-sexualisation pour mamelles du succès, là voilà qui se met à chanter les Smiths sur scène et qui s’acoquine avec les Flaming Lips, reprenant avec eux « Lucy in the Sky with Diamonds » des Beatles. Je reste dubitatif sur l’impact réel que ça aura sur sa musique mais je suis curieux de voir jusqu’où ces (bonnes) fréquentations pourraient la mener.

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