CHRISTOPHE – Les Paradis Perdus (1973)

Hier soir, sur les coups de trois plombes de mat’, poussé par je-ne-sais quelle pulsion masochiste (la curiosité est un vilain défaut, parfois !), je suis allé prêter une oreille à la reprise des « Paradis Perdus » réalisée par notre chèèèèère Christine and The Queens. J’ai vite regretté ; du reste, à quoi d’autre pouvais-je m’attendre ? De l’originale envoûtante à sa réinterprétation épouvante (et éprouvante), on assiste dépité à un grand écart facial, sachant que la giclée de viscosités glaireuses reste pour les oreilles de l’auditeur. Bref.

Tout ça m’a donné l’envie (et l’impérieux besoin) de laver mes tympans meurtris en revenant à la superbe des vrais « Paradis Perdus », qui sont ici des paradis retrouvés. Daniel Bevilacqua, alias Christophe[1], à l’époque considéré comme un has-been fini (à force de crier, crieeeeeer-er Aline pour qu’elle revienne, il y a huit ans de ça) collabore avec le tout jeunot Jean-Michel Jarre[2] (qui signe les paroles) pour balancer d’une pichenette un incontournable de la chanson française, pop ou non.

La variété popu dialogue avec le prog-rock, deux genres craignos en soi mais qui, sous la patte du dandy moustachu, fusionnent ici pour le meilleur. De la french pop grandiose (comme le crépuscule) qui redonne des couleurs à une musique hexagonale que tentaient aussi d’empanacher des francs-tireurs comme Gainsbourg et Polnareff.

Paroles splendides, magnifiquement détaillées par la voix frêle et touchante de Christophe, toujours sur un fil (de soie) le long des cirrus de cordes et des touches zéphyrines du piano. La chanson est déjà immense lorsqu’au bout de 4’30 la guitare déboule, et s’acère, ressuscitant des voix spectrales rock’n’roll dans un tunnel sous tension, à l’ambiance quasi surnaturelle.

En un seul mot, culte.

_____________________

[1] D’après le saint patron des automobilistes, vu que l’intéressé est un amateur effréné de bagnoles. Une passion telle qu’il fut un temps pilote automobile.

[2] Une association qui durera deux albums, Les Paradis Perdus et Les Mots Bleus, avec des pépites comme « Senorita », « Le Dernier des Bevilacqua », « Emporte-Moi » et bien sûr « Les Paradis Perdus ».

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