LADYTRON – Discotraxx (2001)

La pop a une incontestable lingua franca : l’anglais. Cependant, d’autres idiomes ont réussi à se frayer un chemin au cœur de cette hégémonie. Pas le bulgare, a priori. C’est pourtant dans le patois yaourt d’Emil Kostadinov que Ladytron chante en partie « Discotraxx », merveille pop évidente.

En 2001, année futuriste ultime (entre datation de l’odyssée de l’espace kubrickienne, sortie de Discovery et spare sur deux tours de l’ex-Nouvelle-Angoulême), Ladytron débarque en assemblant sur une octave bisexualité, Europe de l’Est, barbelés, électro-pop et androgynie. Un programme qui détonne dans Liverpool la rougeaude, ses briques, son accent cockney, son Steven Gerrard.

2001. Liverpool FC décroche cinq trophées mais pas celui qu’ils convoitent depuis des années et des années, celui de champion d’Angleterre. Ladytron (qui a musicalisé sur le CSKA Sofia) sort le remarquable 604, avec les honneurs de la critique, mais ne parvient pas à faire tomber le mur du mainstream. La timbale suprême leur est refusée. Malgré leur talent, leur espoir, leur envie, ils sont abonnés au presque, losers fabuleux condamnés à regarder d’autres prétendants s’emparer des ceintures dorées et des coupes rutilantes.

Pas grave, la « Discotraxx » de Ladytron préfère les soucoupes ; dans leur hédonisme mélancolique post-Bloc de l’Est, ils font prospérer un bug de l’an 2000 façon Goodbye Lenin, Commodore rock ni rétro ni futuro, juste ailleurs. Une pop parallèle. « Discotraxx », disque autre axe.

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