GRANDADDY – The Warming Sun (2003)

Vendredi dernier, chez Total Heaven. Je parcours les bacs à CD, trompant ma demi-déception après que le showcase de The Feeling of Love ait été annulé. Je tombe sur Sumday, le quatrième album de Grandaddy avec sa pochette azur apaisée (magnifique), à un prix assez bas pour que je sois tenté. J’hésite, je ne sais si ça va vraiment me plaire, mais ayant lu de bons avis sur cet album, je le prends quand même.

En ce week-end prolongé, je l’écoute donc, curieux, entre une déception sentimentale et deux finales de Roland-Garros à la télé. Verdict : je m’en doutais un chouia, mais Grandaddy, ce n’est pas vraiment mon truc. Trop Neil Young[1]. Il y a bien là plusieurs chansons honnêtes, mais l’ambiance générale manque singulièrement de nerfs, de suc, d’accroche. C’est trop alangui, trop plat ; pas assez surprenant, intense ou incisif. Ce n’est pas mauvais, non, mais ça n’a pas la bonne dimension pour me toucher. Sauf que. Il y a « The Warming Sun ». Et là, face à ce grand morceau pour cœurs ébréchés, cette pièce délicate, cette merveille pacifique, que puis-je dire de plus sinon chapeau bas monsieur Lytle ?

Il y a dans la plainte du synthé tous les rêves brisés, toutes les projections fracassées sur un écueil traître. Il y a des tombereaux de larmes transformées en mélodie. Il y a de la finesse, de la dérive, du désarroi, des regrets à n’en plus finir. Il y a l’infinie mélancolie de ce qui aurait pu être. Et il y a l’envol, le sublime envol, le point d’orgue, les rêveries d’une beauté d’autant plus cruelle qu’elles étaient à portée de main mais ne se réaliseront jamais. Et la retombée dans la réalité, solitaire, défait.

Quand on tombe amoureux, il faut faire gaffe à la manière dont on chute. Au risque de ne pas se relever. Je suis debout. J’écoute « The Warming Sun ». Après l’orage les nuages demeurent, mais le soleil, qui réchauffe, reviendra bientôt. Il y a juste à espérer. Tout ne va pas si mal, finalement.

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[1] Et hélas pas le Loner électrique de « Rockin’ in the Free World » et « Shots », ou celui synthétique du mésestimé album Trans.

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