Critique : Sudor de Hembras (LAS FURIAS, EP, 2014)

sudor de hembras

De l’autre côté des Pyrénées se trame, depuis quelques semaines, une drôle de corrida. Après que l’avortement ait été rayé d’un trait de plume par le gouvernement con(servateur), voici que Jean-Charles le roi des espingouins abdique et que les républicains se réveillent pour exiger un référendum sur le maintien ou non de la royauté. Le tout sur fond de crise socio-économique, de chômage endémique et d’opulence footballisticopiumdupeuple (néo-Marx copyright). Eh beh.

C’est dans ce contexte mouvementé que le trio punk-rock espagnol Las Furias[1] dégaine leur EP à la (belle) pochette suintante couleur muleta. Du sang, de la sueur et des guitares : voilà les règles en vigueur. Les banderilles sont de sortie, d’entrée de jeu.

Dès le baisser du drapeau, les trois Barcelonaises balancent un rock énergique et efficace. « Sudor de Hembra » donne le ton. Impétueux, ardent, frénétique. Furieux. De l’indie-rock de campus mêlé à du punk-rock, la collision des Breeders et des Runaways en terre ibérique. Une fois les pneus chauffés, le deuxième titre, « Cadillac », appuie encore un peu plus sur l’accélérateur. Même s’il n’esquive pas le piège d’une formule un peu trop lisible, il s’agit sans doute là du meilleur morceau de cet EP, avec ses guitares appuyées là où ça fait du bien, son chant écorché et ses notes d’abysse au synthé pour calmer la fureur de tout le reste. Un chouette morceau, qui fait vrombir le moteur et coupe sec les virages. Record du tour.

Mais, hélas, la Formule 1 de nos amies ibériques s’avère bientôt en surchauffe ; passés la réjouissance punk caliente des deux premiers morceaux, la seconde moitié n’est pas du même acabit. On embraye tout d’abord sur le très poussif « Celosa » (sévère décélération qualitative), auquel succède l’instrumental « Puerto Escondido », qui tente de rattraper le coup (le morceau est en effet plus écoutable) mais dont le hook du refrain semble être un calque flagrant (quoiqu’accéléré) de The Prodigy (le « coooome plaaaay myyyy gaaaame » de « Breathe »), ce qui parasite un peu le plaisir de l’écoute.

Bilan : un court EP (13 minutes …) qui, dans sa globalité, ne restera pas dans les annales. Il y a certes deux morceaux qui dépotent agréablement, mais ils sont contrebalancés par le voisinage d’un mauvais et d’un moyen. On apprécie le début, on jette la fin. Bref, Sudor de Hembras restera un souvenir mineur, qu’on conservera malgré tout pour la bonne première moitié de l’EP. Retour aux stands. Les mécanos ont encore un peu de boulot avant d’espérer viser le podium.

las-furias

LAS FURIAS | Sudor de Hembras | 2014 | GPS Prod

Note : 11/20

S’il ne devait n’en rester qu’une : « Cadillac ».

________________________

[1] Juste une note afin de vous signaler les noms remarquables de ces donzelles en furie : Onne Wan Bajo Dinamita (chanteuse et bassiste), Barbarella Guitarra Lanzallama (chanteuse et guitariste) et Mary Katherine Hogan (batteuse).

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