DORIAN PIMPERNEL – Existentail Suit (2014)

Il y a deux sortes d’albums : ceux qui font de la pop rêveuse et les autres. Spoilons de suite le résultat : Allombon de Dorian Pimpernel appartient à la première caste.

Dorian Pimpernel, ce n’est pas le nom d’un mec tout seul, mais d’un groupe (jurisprudence Rita Mitsouko ?), voire d’une « société secrète […] ne sembl[ant] œuvrer que dans un but: remettre en marche la machine à songes et à extases », dixit la bio empanachée du groupe. Des dandys confidentiels désormais chéris par toute la presse zicale. Voilà qui a de quoi intriguer sinon inquiéter les plus rétifs. Vanité ? Préciosité ? Intellectualisme ? Esthètes à claques ? Leur deuxième album, sorti fin mars permet de résoudre l’énigme.

Et alors ? C’est très bon. Un album remarquable, harmonieux, qui s’écoute d’un trait, sans lassitude, et dessine une promenade miroitante entre la France et la Lune : de la moonshine pop, jumeau opalescent et mélancolique de la sunshine pop. Le long de cette route délicate, trois stations séduisent l’attention un peu plus encore que les autres : « Ovlar E », « Alephant » (que j’aurais très bien vu sur le dernier MGMT) et « Existential Suit ».

Ce costume existentiel (ah oui, j’oubliais … les noms des chansons font un peu valdinguer l’entendement commun), coupé au style des Parisiens, s’ajoure de fragilité (la voix frêle de Jérémie Orsel) sur une soierie de pop sélène (la rythmique  en cascade électronique, les scintillements sur les couplets, les souffles sur le refrain) confectionnée sur mesure par Johan Girard. Quelque part entre « Microtronic » de Cosmos70 et « San Francisco » de Foxygen, Syd Barrett revient faire de la pop electronica en 2014.

Bref, les Terriens ont beau ne pas avoir envoyé de représentant sur le satellite depuis 1972, Dorian Pimpernel propose un douce brillance pop, une échappée stellaire raffinée bien lunée. Merci Dorian.

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3 commentaires

  1. Très touchés !
    Sans grande importance mais, si cela vous intéresse, le titre de la chanson est ici quelque peu écorché (comme sur bon nombre de plateformes), ainsi que le nom de notre compositeur/clavier et, à vrai dire, on ne peut entendre la voix (tout aussi frêle) que sur le refrain d’une autre chanson : « Ovlar E ».

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