Top 5 des groupes made in Ireland

Je me tire sur l’île d’Irlande pour une semaine avec deux amies. Et je ne pourrais probablement pas alimenter le blog pendant ce laps de temps. Aussi, pour vous faire patienter, bande de fifous, voilà cinq groupes ou artistes de l’île d’Erin, histoire de savoir un peu mieux dans quel Etat j’Eire (dans la réponse, y’a aussi l’Ulster). Un Top garanti sans U2 (et sans The Pogues, non plus).

1er : MY BLOODY VALENTINE – New You (m b v, 2013, m b v)

Bien sûr, le monolithe rose qu’est Loveless est indépassable. Bien sûr, on ne rattrape pas vingt-deux (!) années d’absence en un claquement de doigts. Mais le retour surprise de My Bloody Valentine avait une allure et une classe certaines (pas comme certains, hum, Pixies). Si leurs traits ont vieillis par endroits, il demeure cette grâce évanescente, adolescente, qui dépasse le temps. Eux, de nouveau.

A écouter, aussi :  « Only Shallow », « Soon », « In Another Way », et tellement d’autres …

2e : THE UNDERTONES – Teenage Kicks (single, 1978, Good Vibrations, puis Sire Records)

La chanson préférée du DJ John Peel. Celui-ci avait l’habitude de noter les titres en leur donnant de une à cinq étoiles ; pour « Teenage Kicks », il en a attribué … vingt-huit ! C’est d’ailleurs grâce au matraquage de Peel sur les ondes de la BBC Radio 1 (où il officia de 1967 à sa mort en 2004) que les Nord-Irlandais décrochèrent un contrat chez la néo-major Sire Records[1].

Hymne pop-punk adolescent et séminal, ce morceau imparable aux guitares aiguisées a imprimé sa patte jusque dans la pierre tombale de John Peel et, plus incongru, dans le monde du football ; Teenage Kicks est l’appellation (contrôlée) d’un excellent blog sur le foot anglais et, une autre chanson des Undertones, « When Saturday Comes », a donné l’intitulé d’un fanzine (devenu magazine) de foot les plus réputés du Royaume-Uni. Une raison de plus, s’il en était besoin, d’écouter ces « Teenage Kicks ». A fond les ballons, évidemment.

A écouter, aussi : « Here Comes the Summer », « Julie Ocean », etc.

3e : VAN MORRISON – Astral Weeks (Astral Weeks, 1968, Warner Bros.)

Sans ce blog, je n’aurais sans doute jamais été jeter une oreille sur Astral Weeks, album de l’Irlandais Van Morrison. Certes, il me disait vaguement quelque chose, l’ayant croisé au détour de lectures, mais il n’éveillait pas outre-mesure ma curiosité. Du folk-rock sixties irlandais ? Bof, je passe mon tour.

Lester Bangs disait de ces semaines astrales qu’elles étaient « the rock record with the most significance in [his] life so far ». Alors : verdict validé ou infirmé ? Trique ou tique ? Je penche du côté du déboulonnage d’idole. J’ai essayé d’écouter l’album en entier, j’ai arrêté au bout de 35 minutes, saoulé. A vrai dire, la folk m’a toujours ennuyé ; cet album n’échappe pas au phénomène. Et ça vire à l’irritation quand Van Morrison se prend d’élancements vocaux aussi impromptus que (parfois) disgracieux.

Alors, pourquoi sa présence ici ? Eh bien parce que le morceau-titre, qui est aussi celui qui introduit l’album, rachète en partie celui-ci.

A écouter, aussi : réécoutez « Astral Weeks ».

4e : TWO DOOR CINEMA CLUB – What You Know (Tourist History, 2010, Kitsuné)

Two Door Cinema Club, c’est le rayon en-dessous de Phoenix, la même chose que Crystal Fighters, Pony Pony Run Run, Foster The People, Fortune. De l’électropop pour branchés aisés, pas franchement inoubliable ni déplorable, juste banale et impersonnelle, de la chair à synchros pub positivistes. D’ailleurs, ce « What You Know »a été utilisé par la Française des Jeux sur ses spots de l’Euromillions.

A écouter, aussi : Euh, ça dépend ; vous aimez l’électropop un brin pupute, ou pas ?

5e (car un peu hors-sujet ici) : AFX (aka APHEX TWIN) – Analogue Bubblebath (Analogue Bubblebath, 1990, Mighty Force Records/TVT Records)

Oui, je sais, il n’est pas irlandais. Mais il est né à Limerick. Alors, ça compte. Et je ne me voyais pas déblatérer sur Rory Gallagher que je ne connais pas, sinon par la sentence de Jimi Hendrix qui voyait en lui le meilleur guitariste du monde. Surtout que, d’instinct, je me sens plus proche des miscellanées électroniques que des recettes blues-rock 70s (attention, ça ne m’empêche pas d’en écouter).

Bref, Richard D. James, aka AFX, aka Aphex Twin, aka Polygon Window, aka une flopée d’autres identités (Aphex Twin sera la plus connue) de ce stakhanoviste EDM, publie en 1991 son premier EP. Ses vingt bougies tout juste soufflées, s’ouvre alors devant ce bidouilleur habile une décennie dorée (jusqu’à « Windowlicker » en 1999) qui fera de lui une des figure de proue du label Warp, de l’EDM et de la musique 90s.

A écouter, aussi : « Girl/Boy Song », « Windowlicker », etc.

__________________

[1] Fondé comme une maison de disque indépendante par Seymour Steyn en 1966, Sire Records a édité de nombreux groupes punk (The Ramones, Talking Heads, Richard Hell & The Voivoids, etc.) et, dans le même temps, s’est fait racheter par Warner Bros. en 1978.

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