NOIR DESIR – Toujours Être Ailleurs (1987)

NOIR DESIR – Toujours Être Ailleurs (1987)

Un Noir Désir qui sera surprenant à ceux qui découvriront ce morceau. On est loin de « Tostaky », de la fusion The Doors / The Gun Club* et des guitares rockailleuses qui interviendront plus tard. Ici, Noir Désir débute, moins rock que pop, tendance new-wave romantico-torturée.

Cantat n’est pas encore l’incarnation du rock français, d’un certain rock français ; là il semble juste être le beau gosse ténébreux du lycée, un brin bellâtre, celui qui lit Baudelaire en édition de poche et tente, la nuit venue, de rimailler, l’air inspiré et le front soucieux, quelques mégots dispersés près de la lampe de chevet.

1987 : Serge Teyssot-Gay avait encore des cheveux (mi-longs, en plus !), Cantat des inflexions adolescentes dans ses vocalises et le groupe ne dédaignait pas passer en télé (avec, pour les présenter, … Julien Lepers, si si regardez), pas encore échaudé par le succès topcinquantesque d’« Aux Sombres Héros de l’Amer ». Le durcissement de ton, le militantisme, les contradictions, les tiraillements entre succès grand public et crédibilité alterno, tout ça viendra plus tard.

Voit-on alors en Noir Désir la relève du rock français, les successeurs de Téléphone qui viennent de splitter** ? Non, non, juste un petit combo bordelais que le temps se chargera bien vite de ramener à l’anonymat des caves girondines …

Bref, c’est Noir Désir à ses prémices, Noir Désir avant Noir Désir.

Avec le recul, ces débuts de « Nwar’ Dez » font penser à ceux de Depeche Mode : des looks improbables, une naïveté certaine, un destin censé être éphémère. Et pourtant sans commune mesure avec la dimension musicale et successful qu’ils connaîtront plus tard, sur leur ampleur et leur amplitude. Mais avec malgré tout, déjà, de bonnes chansons.

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* « A l’Arrière des Taxis » (1989) et surtout « En Route pour la Joie » (1991) semble être bien inspirées de « For the Love of Ivy » (1981) du combo de Jeffrey Lee Pierce.

** Aucun regret. On déplorera bien plus (non, pas la mort de Balavoine) mais la dissolution de Taxi Girl, en cette même année 86.

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