Top 10 des chansons dont le titre comporte une année

Pour paraphraser la célèbre pub de Nike avec Cantona, 1993 a été une grande année, car je suis né. Bon, musicalement, hormis l’album de Suprême NTM (93 … J’Appuie sur la Gâchette), elle n’a pas inspiré beaucoup de zicos pour la faire figurer sur l’intitulé de leurs chansons, à la différence d’autres millésimes, passés ou futurs, dont la présente liste se propose d’extraire dix d’entre eux. De 1901 à 2099, petit voyage à travers le(s) temps.

1er : PULP – Disco 2000 (Different Class, 1995, Island)

Avant d’être au sommet de la pop british en 1995 et damer le pion aux duettistes Blur et Oasis, Jarvis Cocker a galéré comme un crevard pendant toutes les années 80. Mais ça valait le coup d’attendre : profitant de la vague overground (celle qui propulse White Town à la première place des charts UK), Pulp livre des chansons pop dansantes, finement écrites, emballantes.

Détachement dandy, esprit moqueur et renversement du cool quasi-biblique (les derniers seront les premiers …), Pulp a tout pour plaire à l’orée de l’an 2000. Mais l’âge d’or ne durera pas et la banalisation interviendra, entre split puis retour de Pulp, quarantaine bien tassée, collaboration avec la fille Gainsbourg et caméo dans Harry Potter.

Restent les chansons, toujours aussi géniales, fuoriclasse, même à vingt ans de distance.

2e : Paul MCCARTNEY & THE WINGS – Nineteen Hundred and Eighty-Five (Band on the Run, 1973, Apple Records)

Cette chanson serait-elle la meilleure du Paul McCartney post-Beatles ? Possible ; elle est sublime, diablement pop, avec un piano fantastique qui accompagne tout le morceau (les premières démos de ce morceau portaient le nom de « Piano Thing ») et une rythmique au toucher remarquable. Un délice …

3e : PRIMAL SCREAM – 2013 (More Light, 2013, Ignition Records)

2013. Après les combats acid-rock extasié (Screamadelica) et techno-rock speedé (XTRMNTR), Bobby Gillespie et sa coupe de gland reviennent pousser un cri primal. 2013 ? La musique diluée dans les tuyaux de l’interweb, fragmentée en chapelles impuissantes à changer le monde qui se barre en sucette façon maxi Chupa-Chups ? Bobby n’en a cure et balance une chanson fédératrice pour revivifier ce merdier et pousser à la mobilisation générationnelle, une nouvelle fois. Contient : de la sincérité jusqu’à la moelle, de l’urgence et des trompettes de l’apocalypse pour battre le rappel des troupes. On sait à quoi il faudra marcher désormais (non, Bernard, pas à la Wonder …).

4e : VITALIC – Station Mir 2099 (FlashMob, 2009, Different Records)

La station spatiale orbitale Mir n’a pas tenu jusqu’au vingt-deuxième siècle ; détruite en 2001, c’est à peine si elle a vu le vingt-et-unième. Ce morceau de Vitalic, propulsé en 2009, fera-t-il mieux ? Aucune idée, il faudra vivre encore 85 ans pour le savoir (allez, chiche !) mais d’ores et déjà on peut dire qu’avec ses chatoiements électroniques, son crescendo et ses raffinements délectables à ingestion immédiate, il survole et contemple de très haut un paquet de challengers (parmi lesquels cette horreur de Bénabar par exemple).

5e : John CALE – Paris 1919 (Paris 1919, 1973, Reprise) 

Quittant en 1970 le Velvet Underground dont il fut (avec Lou Reed) l’un des piliers, John Cale se lance dans la production (The Stooges, Patti Smith, etc.) et puis entame une carrière solo qui le voit notamment créer cette chanson aux atours classieux de classique qui se perçoit en tant que tel. A ranger à côté de Scott Walker, d’« Eleanor Rigby » des Beatles et d’un haut-de-forme. Belle Epoque, label d’époque.

6e : THE STOOGES – 1970 (Fun House, 1970, Elektra)

Après « 1969 » sur The Stooges sorti en 1969, la clique d’Iggy Pop balance sur Fun House ce « 1970 » sorti en … 1970. Zéro bonus d’originalité mais avec une telle chanson, brûlante comme une coulée de lave, qui s’en soucie ? Les « Godfathers of Punk » sont là et les années 70 arrivent : préparez-vous à être soufflé.

7e : Alain BASHUNG – 2043 (Fantaisie Militaire, 1998, Barclay)

Fantaisie Militaire est un album d’une qualité assez dingue au rayon chanson française. Influencé par le trip-hop (sur cet album joue le guitariste de Portishead), cet album est un drôle d’hybride, ni vraiment chanson française (ouf !), ni vraiment pop, ni vraiment rock, il navigue tel un auguste saurien attendant son heure dans les eaux vertes, attendant, attendant. Roland Barthes : « L’identité fatale de l’amoureux n’est rien d’autre que : je suis celui qui attend. » Fantaisie Militaire : album de rupture. Comme l’humour, l’art peut être une élégance du désespoir.

8e : ZABRISKIE POINT – 1997 (Des Hommes Nouveaux, 1997, Dialektik Records)

François Bégaudeau qui fait du punk-rock, vous y croyez, vous ? Non ? Vous avez tort, car c’est lui, avec sa voix simili Paul Félix (Gamine), qui est au chant dans le groupe Zabriskie Point et sur cet excellent morceau « 1997 ». Vingt ans après le sommet punk et deux ans après le titre de champion du FC Nantes, Zabriskie Point mélange Ramones et Noir Désir, secoue énergiquement le tout et le sert chaud et bruyant.

On peut ajouter le nom de Zabriskie Point à la prestigieuse liste des sorties 1997*, ils n’y dépareilleront pas.

9e : THE SMASHING PUMPKINS – 1979 (Mellon Collie and The Infinite Sadness, 1995, Virgin

Avant de faire absolument n’importe quoi et de devenir la risée du monde musical, Billy Corgan a quand même sorti quelques grandes chansons avec ses citrouilles bondissantes. « 1979 » est une petite perle nostalgisante qui, forcément, éveillera en vous quelques réminiscences de personnes perdues de vue, de regrets enfouis, de douces amertumes à retardement. Je ne sais ce qui s’est passé en 1979 pour Billy le kid, douze ans alors, mais ça a bien du l’impressionner. Quelque chose comme un premier amour. Quelque chose dont on se souvient, on se rappelle

10e : PHOENIX – 1901 (Wolfgang Amadeus Phoenix, 2009, V2 Records) 

Phoenix. Bon groupe, albums moyens certes, mais singles remarquables ou, à défaut, efficaces. Problème : tous les ersatz qu’ils ont drainé dans leur sillage électro-pop branchée et radio-friendly, qui tentent de les imiter avec un succès (artistique) bien moindre. On pourrait les recenser (je le ferais peut-être un jour) mais pas maintenant, on s’en fout. Car Phoenix est, répétons-le, un bon groupe et offre, dans cette chanson pop, une seconde jeunesse à l’année de naissance du vingtième siècle ; presque une renaissance.

Auraient pu y être :

David BOWIE – 1984 ; CASSIUS – 1999 ; THE CLASH – 1977 ; DELTRON 3030 – 3030 ; Bernard FEVRE – 2043 ; Serge GAINSBOURG & Jane BIRKIN – 69 Année Erotique ; ORELSAN – 1990 ; SONIC YOUTH – Death Valley 69  ; etc.

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* Radiohead, Daft Punk, Björk, Blur, Depeche Mode, IAM, Bowie, Spiritualized, The Verve, The Prodigy, etc.

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