SUICIDE – Cheree (1977)

Avec son artwork marquant (le mot suicide inscrit en lettres noires morcelées, d’où dégoulinent des rivières sanguinolentes), Suicide et son célèbre album homonyme fut l’un des groupes les plus dérangeants de son temps, celui pourtant riche en bizarreries du climax punk ; acclamé par quelques rares lucides* mais haï par beaucoup à l’époque**, car incompris.

Le nom même de Suicide est une incompréhension : quand beaucoup y voyaient une inclinaison morbide, Alan Vega et Martin Rev y lisaient au contraire une exaltation de la vie.

Chanson d’amour ambivalente, « Cheree » file ce thème de l’oxymore, de la confluence des antonymes. Avec ces nappes soufflantes et métronomiques de synthé et des harmonies cristallines incongrues, ces 3’40 mélangent chanson doo-wop scintillante et brumes grésillantes d’un manoir hanté, pour une mixture finale mi-Chucky mi-Candy. Du sadique rose pastel, du malsain candide. Oxymore toujours. Oxymore, more, more …

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* Parmi eux, Bruce Springsteen qui en 2005 (après qu’il eut repris « Dream Baby Dream » lors d’une de ces tournées) déclara : « J’ai toujours aimé Suicide. J’ai rencontré ces mecs à la fin des années 70 à New York. On travaillait dans les mêmes studios. Si Elvis ressuscitait, je pense qu’il sonnerait comme Alan Vega. »

** En témoigne l’album live 23 Minutes Over Brussels.

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