BEASTIE BOYS – (You Gotta) Fight for Your Right (to Party !) (1986) / PUBLIC ENEMY – Party for Your Right to Fight (1988)

Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume (même si on l’a déjà fait avec Richard Hell & The Voivoids et Diabologum), on ne se reprendra pas un, mais deux morceaux, intimement liés comme l’indique leurs titres en miroir, « (You Gotta) Fight for Your Right (to Party !) » (de Beastie Boys, en 1986) et « Party for Your Right to Fight » (de Public Enemy, en 1988).

Beastie Boys est un groupe à l’importance démesurée, tant en bien qu’en mal. Bien : en faisant la passerelle entre rock et rap, ça a amené les blancs vers le hip-hop et le rap, qui étaient, avant eux, une culture et une musique presqu’exclusivement afro-américaine. Mal : leur comportement volontairement débile et couillon a favorisé l’émergence d’un jeunisme décérébré qui se répandra dans les 90-2000’s (Jackass, Michael Youn, la télé-réalité, etc.).

Sorti en 1986 sur Licensed to Ill, mais exploité en single qu’en 1987 (quatrième single de l’album alors que son potentiel tubesque est évident), « (You Gotta) Fight for Your Right (to Party !) » mélange riffs hard rock, je-m’en-foutisme de branleur punk-skate et énergie rap. Un hit énorme.

Tellement énorme que les autrement plus revendicatifs Public Enemy, alors sur le même label que Beastie Boys* (Def Jam) et qui partagent un producteur similaire (Rick Rubin), leur feront un clin d’œil sur l’ultime titre de leur mythique album It Takes A Nation Of Millions to Hold Us Back.

En triturant les samples**, Public Enemy retourne le propos et le paradigme : il ne s’agit plus de se battre pour faire la fête, mais de fêter le droit de se battre. Party for your right to fight.  Un message qui sied tout à fait à la meute politique qu’est Public Enemy : du rap conscient, mais pas des ânonnements bêtement moralisateurs, non, des pamphlets qui pulvérisent et terrassent (« Rebel Without a Pause », « Don’t Believe the Hype », « She Watches Channel Zero ?! », etc.).

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* Beastie Boys quittera Def Jam pour Capitol en 1988.

** Il y en a pas moins de six sur ce morceau ; outre Beastie Boys, sont détournés des extraits de Bob Marley & The Wailers, Sly & The Family Stone, Funkadelic, James Brown et Bobby Byrd.

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