Pourquoi Radiohead ne suscite-t-il plus qu’indifférence ?

Deux groupes et six albums synthétisent le rock des nineties. Nirvana, d’abord, avec le générationnel Nevermind, l’écorché In Utero et l’acoustique MTV Unplugged in New-York. Tout ceci jusqu’en 94, date à laquelle Cobain s’explose le caisson. Qui pour reprendre le flambeau du rock, dans la deuxième moitié des 90’s ?

Oasis ? Trop rétro, dad-rock, copie conne-forme des Beatles.

REM ? Trop middle of the road.

Frank Black ? Pas assez charismatique, trop americana, et catégorisé loser absolu depuis l’implosion de Pixies, en 1992.

The Smashing Pumpkins ? Trop individualistes et malcommodes, enfin surtout Billy Corgan, puisqu’il a viré tous les autres.

Blur ? Pulp ? Trop « les Anglais parlent aux Anglais ».

RATM ? Trop bourrins avec leur fusion rap-métal politisée.

Non. La timbale échouera à Radiohead, qui, pourtant promis à un statut de « one-hit-wonder » après le succès du tube grunge auto-flagellateur « Creep » (extrait de leur médiocre premier album Pablo Honey), sortira en cinq ans trois albums qui rentreront dans les annales : le lyrique The Bends (1995), le névralgique et enchanteur OK Computer (1997) et le déroutant Kid A (2000).

Passé cette trilogie merveilleuse, Radiohead, alors le groupe central du rock mondial, va peu à peu tomber dans l’indifférence. Pourquoi ? Tentatives d’éléments de réponse.

The White Stripes, The Strokes, The Hives, Franz Ferdinand, The Music, The Libertines, The Kills, The Vines, … En 2001, l’Occident se redécouvre un ennemi commun (après le communisme, l’islamisme) et le rock, après avoir massivement tâté des machines, redécouvre l’abrasion des guitares ; un constat tout à fait exagéré a posteriori, le rock n’étant jamais réellement parti, mais passons.

Toutes proportions gardées, le « retour du rock » a eu sur Radiohead, alors engagé dans d’audacieux processus de complexification de sa musique (Kid A, sa musique mélangeant post-rock, IDM et jazz-fusion, sa fameuse théorie des dix-sept secondes*, sa pochette quasi-stéganographique**), l’effet du punk sur le prog-rock. Ils n’ont bien sûr pas été les seuls à pâtir de cette lame : Eels, Björk, Massive Attack, Grandaddy, PJ Harvey, tous ont pris un méchant coup derrière la caboche, plus ou moins mérité selon les cas, perdant pertinence et/ou attention médiatique et/ou engouement jeune, lors de ce bug de l’an 2001.

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Oui, Thom, même Radiohead a morflé après 2001 ; l’odyssée de « laisse-passer(-les-mecs-en-The-devant) ».

 Offrant une rébellion clefs-en-main et des postures authentoc avec leur formule reviviscente du CBGB mais avec du fric plein les fouilles***, The Strokes mobilisait, avec en plus des chansons rock au niveau, un potentiel imaginaire infiniment plus glamour que l’inconfort promu par Radiohead.

Et, qu’on le veuille ou non, le style, en musique, importe. L’attitude, la dimension iconique (charisme2 x √bogossitude, où à peu près …) est une des dimensions fondamentales de la pop-music, qu’elle passe par le travestissement (David Bowie et ses multiples avatars) ou l’anonymisation (Daft Punk, Mad Mike, Fuzati, etc.). Et concernant Radiohead, surtout son leader Thom Yorke, l’évolution est peu flatteuse.

Une précision, cependant. Thom Yorke a toujours représenté un cas spécifique parmi les frontmen rock. Avec sa voix chouinarde, ses danses désarticulées, sa petite taille et sa dégaine d’autiste, son œil gauche mi-clos, son premier taf en hôpital psychiatrique****, et même ce « h » inutile dans son prénom (Thom au lieu de Tom), Thom Yorke a développé une sorte de « charisme de l’anti-charisme », parvenant par une alchimie mystérieuse à retourner ce caryotype charismatique en lichen anémié en un faisceau de qualités lui permettant de se démarquer et de poser en « rockstar normale » (si tant est qu’on puisse dire quelque chose de cet ordre-là) au « physique de radio » (évidemment …), dans la lignée du rejet du Rock’n’Roll Circus opéré par la génération X, celle du grunge, de l’ère pré-Radiohead.

Mais de là à ressembler à un clochard comme récemment, avec ses traits émaciés et vieillis, sa barbe grisonnante et ses cheveux mi-longs, non !

  thom-yorke-clodo

Cet homme prétend avoir une tête de radio. C’est méchant pour les radios.

 Surtout que, pour rester sur des gens attifés comme l’as de pique et pour en revenir à la musique, un autre groupe a pris la place de Radiohead. Ils sont sept, ils sont Canadiens*****, ils s’appellent Arcade Fire. La bande drivée par le couple Butler/Chassagne a signé en 2004, avec Funeral, un disque aussi exceptionnel et fédérateur qu’avait pu l’être OK Computer, dès sa première tentative. Même en s’enlisant quelque peu dans les deux albums suivants (Neon Bible et The Suburbs), qui ne reproduisaient pas la magie sur la longueur, même avec un quatrième album (remarquable) plus orienté disco que ce que ne sera jamais la bande à Yorke (pas vraiment portée sur les dancefloors), Arcade Fire a délogé Radiohead de son grade, celui de héraut overground du rock alternatif.

Après OK Computer, Radiohead avait tout pour être le plus grand groupe du monde. Ils ont refusé cette étiquette, prenant un virage électronique radical, optant pour une autodéconstruction réfléchie d’eux-mêmes (Thom Yorke avait même pensé changer le nom du groupe après l’overdose médiatique d’OK Computer, palpable dans le documentaire Meeting People is Easy) et de tout ce qui avait fait leur succès sur OK Computer.

Succès critique, succès populaire. On se disait que la suite allait être passionnante. Alors, pourquoi ?

Pourquoi ce retour en arrière en 2003 avec le sous-best-of Hail to the Thief qui tente une recombinaison de l’ensemble des disques précédents – résultat, une bouillie insupportable – avec deux agents vomitifs supplémentaires, ce discours politique de rebelle bien-pensant et la voix de Thom Yorke qui devient intolérable de chouinerie (« We Suck Young Blood » est horrible de ce point de vue) ?

Pourquoi cette plongée dans l’électro-prog-portnawak avec le demi-convaincant In Rainbows (2007) et, surtout, l’insignifiant et brumeux The King of Limbs (2011), sur lequel les chansons deviennent des chiants sons.

Oui, pourquoi ? Surtout que lorsqu’il y a eu sanction au niveau des charts. Le dernier album en date, The King of Limbs, s’est classé 7e des charts britanniques alors que tous les albums de Radiohead sauf Pablo Honey et The Bends avaient atteint la première place. Idem au Canada, 5e quand les quatre albums précédents étaient devenus n°1. Même chose en France, 8e alors que tous les albums depuis OK Computer inclus avaient atteint le podium. La tendance n’est pas la même aux USA, mais peut-on faire confiance aux charts d’un pays où OK Computer n’a pas dépassé la 22e place, hum, je vous le demande ?

Plus grave que cette chute dans les classements commerciaux, on recense peu de chansons marquantes du côté de Radiohead depuis Kid A/Amnesiac. Si peu qu’on peut les compter sur les doigts d’une seule mimine. Vous ne me croyez pas ? Allons-y, c’est parti : « 2+2=5 » (un autre « Paranoid Android », en plus ramassé) sur Hail of The Thief, « Jigsaw Falling into Peaces », « 15 Step » et « All I Need » sur In Rainbows, rien (mais vraiment rien) sur The Kings of Limbs. Voilà. Ca fait quatre. Une main de Mickey. Wouhou. Allez, je vais être gentil (ça, c’est le gigot de licorne sauce arc-en-ciel que j’ai mangé à midi …) et pousser à quatre et demi avec « There There » qui est pas mal. Reste que ça fait quand même pas bien lourd, quatre-cinq bonnes chansons sur les trente-et-une sorties (auxquelles il faut adjoindre les titres bonus) en dix ans.

D’un combo indietronica pop défricheur et innovant, Radiohead s’est transformé en formation chiante, radoteuse, présomptueuse. Un groupe qui a vieilli, n’a gardé de son âge d’or que son vernis expérimental-conceptuel qui a viré en auto-parodie (et notamment cet alibi que sort tout bon fan de Radiohead dès qu’on ose émettre une réserve sur les productions de son groupe fétiche : « ouais mais c’est parce que pour saisir toutes les subtilités il faut écouter l’album 62 fois dont 24 fois de nuit et 9 fois sous l’eau »). Bardé de son discours rebelle-consensuel (« Bush il est méchant et la planète elle va mal », difficile à contredire), Radiohead semble s’être plus consacré à une lutte contre l’industrie musicale (contre EMI, contre Spotify, voire contre le mythe Radiohead lui-même) qu’à la conception de chansons.

On a beaucoup glosé de la rupture consommée de Radiohead avec l’industrie, du développement de ses modes alternatifs de distribution. Mais cette posture de Radiohead, pour louable qu’elle puisse être, est plus un renfort du discours écolo-politique manichéen du groupe qu’autre chose ; si Radiohead possède la capacité autoproclamée de « révolutionner le business musical », c’est parce qu’ils ont bien profité du système des majors, durant de nombreuses années, de nombreux albums, se créant ainsi une notoriété mondiale multiplatinée qui est le levier leur permettant ensuite de prôner la révolution structurelle du secteur. Cet acte de délacement critique vis-à-vis de l’industrie musicale n’est en fait qu’une gigantesque opération de com les faisant passer pour les hérauts (les héros) de la musique indépendante, quand les véritables indépendants, mettant leurs créations sur Bandcamp ou SoundCloud, ne pourront jamais espérer le dixième des bénéfices des albums vendus « altercommercialement » de Radiohead, et devront continuer à vivoter dans l’ombre, entre pactoles maigrelets et plans foireux, en attendant de signer sur un label. Aussi bien intentionnée soit-elle, la révolution de l’industrie musicale proposée par Radiohead est (sauf pour Radiohead, peut-être) cantonné à l’acceptation astronomique du terme « révolution » : un retour au point de départ, qui n’a pas fait avancer le schmilblick d’un iota. Beaucoup de bruit pour rien, beaucoup de rien pour du bruit.

Thom, une réaction ?

Radiohead-fuck

La preuve qu’il reste encore à Radiohead un doigt d’honneur

 Merci Thom.

Résumons l’affaire : Radiohead s’est fait piqué la place qu’ils occupaient à l’époque OK Computer par Arcade Fire ; celle de nouveau U2 que certains (les crétins) voulaient qu’ils deviennent avant Kid A a été réquisitionné par Muse, Coldplay et autres bouffis de prétention grandiloquente ; leur éventuel futur statut de porte-drapeau mainstream de l’expérimentalisme façon Warp qu’on pouvait leur prédire après Kid A/Amnesiac s’est dissipé dans les limbes. En fait, on ne sait pas trop où situer Radiohead actuellement. Plus très jeunes, plus très beaux et/ou charismatiques, plus très créatifs ; ils sont là mais personne ne les calcule. L’indifférence les entoure. Qui, trois ans après la dernière livraison du groupe oxfordien, attend impatiemment le nouvel album de Radiohead ? Pas grand-monde, plus grand-monde.

Il est temps que Radiohead meure. Pour mieux ressusciter et repartir quinze ans en arrière ? Prendre l’histoire à rebours et repartir d’où la bande à Yorke a laissé les choses après Kid A/Amnesiac ? On continuera (sans trop y croire) à l’espérer. Ou bien il faudra se résigner à voir Radiohead cesser de vivre ; et réécouter The Bends, OK Computer et Kid A, ces albums stupéfiants, pour se souvenir à quel point ce groupe a été important.

 __________________

 * Sans doute en hommage au Seventeen Seconds de The Cure, Radiohead a conçu Kid A comme un album pouvant s’écouter seul, bien sûr, mais aussi avec une lecture simultanée dix-sept secondes en amont du morceau initial, ce qui multiplie les effets d’écho, les dialogues de voix et d’arrangements, lesquels, s’intercalant parfaitement, offrent ainsi une nouvelle dimension d’écoute, encore plus somptueuse. Avec le numérique (et la culture du mash-up afférente), il est bien plus aisé de constater les résultats de cette opération de synchronisation ; pour vous faire un avis, un internaute a créé une playlist de tous les titres de Kid A (pour l’occasion rebaptisé Kid 17), jouée en surimpression avec un délai de dix-sept secondes par rapport au morceau initial : http://www.youtube.com/watch?v=ZRmh__q6YIM&list=PL2B74B93FB927E15F

** La pochette de Kid A donne à voir un paysage en 3D fait de montagnes escarpées, blanches et bleues, sous un ciel noir-rouge d’apocalypse. Une pochette qui semble tout dire de l’album : à la fois sombre et aérien. Pourtant, un secret s’y dissimule : il y a des visages cachés, du clonage, et la théorie des dix-sept secondes revient. Pour plus d’explications, allez voir l’article suivant : http://www.inside-rock.fr/Kid-A

*** Julian Casablancas est le fils de John Casablancas, fondateur de l’agence de mannequins Elite ; deux des Strokes sont allés dans des pensions suisses, etc.

**** Inspiration du morceau instrumental « Meeting in the Aisle » (« Rencontre en Asile » en VF), publié entre OK Computer et Kid A.

***** Vous noterez que, alors qu’ils ont commencé à Montréal, on ne dit jamais d’Arcade Fire qu’ils sont Québécois, label réservé aux braillardes francophones.

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39 commentaires

  1. Bonjour, je découvre par hasard ce blog et je suis ravi de lire cet article sur ce qui fut mon groupe préféré.
    Je partage la majorité de l’analyse mais personnellement, je ne dirais pas qu’il faut que Radiohead meure… Radiohead est déjà mort (vive Radiohead!) entre 2003 et 2007, au cours des 4 longues années qui ont abouti à In Rainbows. Naïf, je pensais qu’une si longue attente après un album de transition sympathique (oui, j’ai une certaine tendresse pour Hail to the Thief) aboutirait à une claque pareille à Kid A…
    Et là, bam, un album de faces B (à peu près)! Et encore 4 ans pour le dernier machin, aussi fascinant qu’un album solo de Thom Yorke!
    Je crois que Radiohead n’a musicalement plus rien à dire ou, par peur de la redite, ne souhaite plus rien dire: de 1995 à 2003, 5 albums dont trois chefs d’oeuvre; depuis 2003, 2 albums dont une calamité! Je ne vois malheureusement pas comment la tendance pourrait s’inverser…

    • Merci beaucoup de ton commentaire, muff. 🙂
      Quand je dis qu’il faudrait que Radiohead meure, je parle de l’existence même du groupe. Peut-être, peut-être, que la fin du groupe pourrait être un déclic qui libérerait certaines potentialités inexploitées dans le cadre de Radiohead. Même si je n’y crois que peu moi-même.
      A vrai dire, je considère que Radiohead n’est plus une force créative à l’heure actuelle et, si le contexte y est pour quelque chose, c’est surtout en partie de leur faute. Après, la question est de savoir si l’existence d’un groupe est nécessairement dépendante de son niveau de créativité (les Beatles ont répondu oui, les Rolling Stones non ; chacun son camp … (je penche plutôt pour celui des Beatles, comme musicalement du reste)).
      C’est juste triste de voir qu’un groupe qui fut jadis si important (j’ai réécouté The Bends il y a trois jours et, putain, il y avait là des chansons renversantes) tomber dans une certaine indifférence ; je souhaite à Arcade Fire de ne pas connaître le même sort.

  2. Bonsoir.
    Analyse très pertinente de votre part.
    Je suis en train d’écouter pour la 4555555ème fois consécutive la chanson « Big Boots » de Radiohead, datant de l’époque de l’album The Bends.
    Ce groupe me manque. Je suis un fan ULTIME de Nirvana. Le génie passé de TêteDeRadio me manque. Radiohead a ÉTÉ GRANDIOSE.
    Il a été l’un des rares groupes à tenir la dragée haute dès 1995, Post-Tragédie Nirvana. Je lui préfère Grandaddy mais ce n’est pas le sujet. The Bends, et ses 20 b-sides, OK Computer et ses 30 b-sides, Kid A et Amnesiac et leurs 40 b-sides, sont DENTESQUES.
    De The Bends à Amnesiac, Radiohead n’a fait que casser ses acquis et avancé brillamment. Bon argument de The Beatles. Créatifs. Visionnaires. Précurseurs. The Beatles s’est arrêté.
    Puis pour Radiohead, moyennes compilations d’albums, même si quelques pépites traînent encore ici ou là, notamment sur l’effort solo The Eraser de Thom Yorke. Je me surprends à être indifférent à Radiohead depuis longtemps.
    La preuve. J’ai TOUT de The Bends à Amnesiac inclus. À partir de Hail To The Thief, des faces-b m’échappent.
    Merci pour votre post. Lucide et Intelligent.
    Lloyd.

    • Merci beaucoup de ton commentaire, Lloyd (ainsi que des autres, auxquels je vais tenter de même de répondre) ; il me flatte et me fait très plaisir.

      « Big Boots », je me demande si un jour ils prendront la peine d’en sortir une véritable version studio. Comme pour « True Love Waits », en fait. Les deux chansons sont bonnes, elles sont là depuis des années (presque vingt piges, putain !) mais ils n’ont toujours pas trouvé le créneau, l’envie ou la touche sonore idoine pour les mettre sur des albums. J’ai l’impression que les deux finiront en morceaux « inédits », réarrangées grossièrement et égarées en bonus sur des compils du groupe une fois qu’il n’existera plus.

      Plus que Grandaddy, que je trouve personnellement trop mou, Radiohead a été un groupe gigantesque. Comme beaucoup d’autres groupes, Radiohead a eu un sommet en triptyque (The Bends, OK Computer, Kid A) mais contrairement à nombre d’entre eux, lorsque ce pic s’est émoussé, chose normale, cette chute s’est faite dans des proportions assez stupéfiantes (entre 95 et 2001, ils étaient des héros, des sauveurs ; aujourd’hui et depuis dix ans sinon plus, OSEF).

      Et, chose que je trouvais également intéressante en elle-même, ce déclin était dû autant aux initiatives de Radiohead lui-même qu’à un contexte extérieur (l’émergence de The Strokes et Arcade Fire notamment).

      Quant aux efforts de Thom Yorke en solo ou Atom for Peace, je ne me suis jamais penché dessus, leurs sorties pâtissant de ma chute d’intérêt autour de Radiohead ; je m’y mettrais sans doute un jour, histoire de me faire un avis.

  3. Tout est bien évidemment subjectif.
    Et toujours dans cette optique-là, j’ajoute qu’Arcade Fire n’a absolument pas remplacé Radiohead selon moi.
    Voir Arcade Fire comme le renouveau du rock et comme l’anti-chambre du rock n’est pas correct.
    Il n’a pas l’aura ni le talent de Radiohead.
    Arcade Fire s’émousse dès le second album alors que Radiohead gravit les marches du Génie NON-STOP de The Bends à Amnesiac. L’écart entre Pablo Honey et The Bends est fulgurant.
    La césure entre OK Computer et Amnesiac est fantastique. Jamais Arcade Fire n’a égalé ce renouvellement musical.
    S’il y a bien un autre groupe qui a apporté quelque chose de frais et de novateur dans le rock de ces quinze dernières années, c’est Queens Of The Stone Age avec deux albums gigantesques : Rated R et Songs For The Deaf. Il est malheureusement devenu moins intéressant à partir de Lullabies To Paralyze.
    Muse a beaucoup fourni avec Origin Of Symmetry et Absolution avant de devenir le nouveau U2.
    Depuis, je vois et j’entends une myriade de groupes avec quelques titres intéressants mais rien de novateur. Des caricatures des meilleurs groupes passés. Je parle de rock.
    Radiohead, Muse, Queens Of The Stone Age et Grandaddy me manquent.
    Et surtout le NIRVÂNA.

    • Pour moi, Arcade Fire a remplacé Radiohead dans son rôle de figure fédératrice et anticharismatique d’un pop-rock overground et sachant aller dans l’émotion sans trop larmoyer. Ce n’est évidemment pas une copie conforme, ça serait bien évidemment trop simple (déjà qu’on reproche au rock actuel d’être sempiternellement dans le rétro …). En revanche, je pense qu’ils ont pris la place de Radiohead pour la génération post-Radiohead, comme Lana del Rey a (un temps) pris le créneau laissé vacant par la mort d’Amy Winehouse, en plus suave et marketée au millimètre.

      Quant à l’aspect remise en question, il est moins prononcé chez Arcade Fire que chez Radiohead, je ne peux qu’être d’accord. Cependant, que sur Reflektor Arcade Fire prenne des rythmes caribéens, travaille avec James Murphy ou rende sa musique plus dansante, voilà qui marque une évolution notoire vis-à-vis des albums précédents. Il n’y a pas de révolution certes, mais la démarche est intéressante, et la musique obtenue l’est tout autant.

      Quant au rock dans les années 2000, oui, Queens of the Stone Age est un bon groupe. Je suis en revanche beaucoup moins d’accord sur Muse, que j’expédierai aussitôt dans les oubliettes si je le pouvais. Mais il y a un groupe essentiel que tu oublies, c’est The Strokes. Tu me diras peut-être : trop rétro, trop riches, trop rock-poseurs, trop, trop, trop. Il n’empêche que leurs chansons sont excellentes et qu’ils n’ont pour l’instant JAMAIS eu de baisse de régime, en douze ans. Ça mérite d’être souligné.

      Et sinon, en ce moment le rock garage français pète la forme, avec JC Satan, La Secte du Futur, The Feeling of Love, etc. De quoi redonner la patate (et oublier, un peu, Nirvana) !

      • Je ne dirais pas qu’Arcade Fire est une imposture mais je trouve que c’est vraiment un groupe surestimé.
        Je respecte bien évidemment tes goûts musicaux!
        The Strokes a remis en forme un rock simpliste et efficace. Mais cela reste un groupe en THE avec tout ce que cela sous-entend! En l’occurrence, toujours le même schéma musical. Le fait que ce soient des fils à papas ne me dérange pas. La musique n’a rien à voir avec cela.
        Je connais les groupes que tu cites en fin de message (JC Satan, etc…) mais ils font partie de ces formations qui ont quelques bons titres sans pour autant révolutionner le contexte musical.
        Pas de quoi oublier un peu Nirvana!

      • Arcade Fire, c’est un grand album, deux albums moyens et un bon (double) album : le bilan est tout de même très acceptable. Le problème, c’est que comme ils ont démarré par leur chef-d’oeuvre, difficile après d’opérer une montée en puissance comme l’a fait Radiohead. Imagine si Radiohead avait directement dégaine « OK Computer » comme premier album : tu fais comment derrière ? Je trouve qu’Arcade Fire ne s’en est pas si mal sorti. Bon, après, faudrait faire gaffe à ce qu’ils ne virent pas « nouveaux U2 » … :/

        The Strokes sont quand même parti d’un pop-rock lorgnant sur le garage (sinon le CBGB) pour maintenant faire de l’électropop-rock avec Casablancas qui fait des falsetto en-veux-tu-en-voilà. Ils évoluent (ce qui explique que ce soit, avec The White Stripes, les seuls de ces « groupes en The » à avoir véritablement survécu et prospéré ?) et s’ils ne révolutionnent peut-être pas tout sur leur passage, leurs chansons sont toujours aussi bonnes ; le songwriting est au rendez-vous.
        Alors, certes, oui, au niveau formule, ils demeurent dans le cadre canonique de la pop et du rock, intro-couplet-refrain-couplet-refrain-pont-refrain, mais ce ne sont pas les premiers, loin de là, à le suivre et à le perpétuer. Nirvana le faisait également, et plein d’autres groupes avant, maintenant et plus tard.

        De toute façon, il est je pense illusoire d’attendre du rock qu’il révolutionne, avant un petit moment du moins, le monde et/ou le contexte musical. Car son influence a essaimé partout, sa présence musicale effective s’est réduite à peau de chagrin, battu en brèche par le rap et l’EDM. Il suffit de regarder les charts : le nombre de titres réellement rock qui y entrent est famélique. On en revient à la situation de la fin des années 80, celle que déplorait Jesus and Mary Chain http://www.youtube.com/watch?v=dvT8-LNWJCA : un mainstream insignifiant (sauf rares exceptions) et des (très) bons groupes cantonnés à une semi-obscurité. Sauf que désormais Internet fait que les gens ne se retrouvent plus dans le même temps présent, explorant chacun (moi le premier) son passé et ses influences propres sans lien nécessaire ni avec le présent ni forcément avec ce qu’écoutent d’autres personnes. Internet est autant une opportunité qu’un leurre. Ca permet d’accéder à toute la musique que nous voulons mais cela provoque une « tyrannie du choix » et un délacement du présent qui favorise la rétromania et empêchera sans doute pour un petit moment (jusqu’à ce que les anticorps à ce phénomène se forment ?) un mouvement ou un groupe « révolutionnaire » et « nouveau » d’happer un seuil critique de personne pour renverser le zeitgeist, comme Nirvana l’a fait en 1991 (en partie grâce à MTV, d’ailleurs). Désolé si mon propos s’avère fouilli ou hors-sujet.

  4. La question PRINCIPALE est la suivante :
    Pourquoi les artistes deviennent-ils tous moins intéressants d’albums en albums?
    Sans AUCUNE exception pour les groupes et artistes toujours en activité. Björk, Eels, The Smashing Pumpkins et les milliards d’autres. Tous périssent.
    Les seuls groupes qui se sont arrêtés à la cîme de leur Génie ont tout mon respect. Ils se comptent sur les doigts de la mimine de Mickey.
    Nirvana : bien malgré nous.
    Queen : bien malgré nous.
    Jeff Buckley : bien malgré nous.
    The Beatles : bien malgré les trois autres membres autour de John Lennon.
    Joy Division : bien malgré nous.
    Queen s’est « reformé » avec Paul Rodgers et est en train de nous refaire un come-back avec un chanteur de TV Reality mais c’est une escroquerie et ce n’est plus Queen.
    Queen, c’est avec Freddie Mercury.
    Chapeau bas, quatre groupes/artistes intègres dans l’Histoire de la Musique.
    Merci. Au revoir!

    • Si tu veux parler de groupes s’étant arrêté, de manière choisie ou contrainte, au sommet de leur art, je vais essayer de faire ma propre liste :

      Joy Division, Nirvana, The Beatles : OK, sans problème.

      Je rajoute The Smiths, Sex Pistols, Pixies, The KLF, Taxi Girl.

      Et aussi les « one-hit wonders » merveilleux que sont Stardust, M.A.R.R.S et The Avalanches.

      J’en oublie certainement pas mal, qui me reviendront plus tard ; j’éditerais le message en conséquence.

      Queen avec Freddie Mercury a ses réussites, mais aussi ses énoooooormes trous d’air, tout en mauvais goût 80s. Evidemment, le « retour » de Queen avec Adam Lambert est une arnaque notoire, c’est juste ridicule (comme du reste, 90% des retours des groupes morts)

      Jeff Buckley, je ne connais que sa reprise d’« Hallelujah » et elle me tape sur le système, larmoyante, du « cheap thrills » dans toute sa non-splendeur. Aussi insupportable que « Someone like You » d’Adele (chanson nettement plus démonstrative-dégueulis-de-larmes, j’en conviens).Comme le petit Gregory, il aurait mieux fait d’apprendre à nager (#InstantBlague). ^^

      • Pixies s’est reformé. Pas du tout crédible.
        Une cible commerciale puante et un Frank Black de plus en plus gros!
        Les one-hit wonders, de par leur vie éphémère, ne m’ont pas laissé de souvenirs impérissables.
        Pas d’accord avec toi pour Jeff Buckley : on a perdu un GRAND. Un très GRAND.
        Bon, ta blague sur sa mort par noyade est drôle, même si cet argument n’est pas recevable! D’ailleurs, on ne sait toujours pas si le petit Grégory est mort!
        Ok avec toi sur les trous d’air de Queen mais ce groupe a su se remettre en question pour devenir très bon. Comme Radiohead avec l’apothéotique Amnesiac.
        Le rock est un monstre difforme aujourd’hui. Je connais les nouveautés mais force est de constater que je retourne toujours en arrière.
        Grosso modo, je ne me suis pas pris de claque depuis Queens Of The Stone Age.
        Shannon Wright et Elliott Smith me touchent beaucoup.
        Si on part sur d’autres choses, je suis un grand admirateur de Boards Of Canada. Musique électronique.
        De metal et de musique « contemporaine ».
        Un fan de Faith No More, groupe qui s’est réformé, une déception, de Mr. Bungle, j’espère qu’ils ne se reformeront pas, eux, et de Mugison. Un Islandais fou qui tue tout!

      • Pour Pixies, je parle du premier (et du seul ?), celui avec Frank Black ET Kim Deal, celui qui de 1986 à 93 a été le meilleur groupe rock au monde ou à peu près. Ce que je pense de leur retour, je l’ai déjà exprimé ici http://wp.me/p4gGUP-zy : quelques rarissimes chansons mises à part, ce retour est non seulement décevant mais en plus écorne leur passé glorieux.
        Et, sinon, heureusement qu’il n’y a pas que le rock comme musique à écouter.
        Boards of Canada, respect à eux, « Chromakey Dreamcoat » est une chanson hypnotique à la boucle qui s’ancre incroyablement dans la mémoire pour y ferrer des souvenirs qu’on pensait enfouis, mais je trouve leur musique trop abstraite, comment dire, déconnectée, laborantine (désolé si les termes sont fouillis). Ils peinent à me toucher sur la longueur même si, je le répète, en écouter un de temps à autre est un plaisir et que je les respecte totalement.

  5. La différence entre Nirvana et The Strokes/Arcade Fire??
    L’intégrité. Je ne peux rien dire de plus.
    Kurt Cobain a voulu appeler In Utero I Hate Myself And Want To Die au départ. Qui peut aujourd’hui se targuer d’enculer le système comme il l’a fait, tout en en étant victime et pantin?
    Il saignait sur scène. Il hurlait sa souffrance.
    Cela me suffit pour le considérer comme l’artiste le plus complet et authentique de ces trente dernières années.
    Un peu de théâtre, un zeste d’absurde et une dose gigantesque de talent.
    Point!

    • Je n’ai pas comparé The Strokes (et Arcade Fire, encore moins) à Nirvana – ce serait stupide de le faire –, je dis juste qu’ils ont embrassé la même structure musicale (le couplet-refrain-pont-refrain) pour composer leurs chansons.

      Quant à l’intégrité, si Cobain n’était pas exempt de tout reproche non plus de ce point de vue (mais qui peut s’en revendiquer ?), oui, je suis d’accord avec toi, Cobain était écorché, à vif, intègre. Et il manque au paysage actuel une figure socio-esthétique de revendication et/ou de fédération, comme l’étaient Nirvana, le Clash, les Smiths, Sex Pistols, etc. Est-ce que cette intransigeance suffit à faire de lui le meilleur artiste des 30 dernières années ? Si on met de côté le fait qu’opérer un tel classement relève plus de la sensibilité de chacun que de l’évaluation impartiale (et qu’on réévalue toujours à la hausse l’œuvre des artistes morts prématurément), je pense qu’il est dans les tout premiers ; cela étant, j’en mets quelques-uns (pas beaucoup …) devant lui.

      « Qui peut aujourd’hui se targuer d’enculer le système comme il l’a fait, tout en en étant victime et pantin ? » J’aurais tendance à te dire un nom qui va peut-être te faire bondir mais Daft Punk fait absolument ce qu’il veut dans l’industrie musicale actuelle. Niveau intégrité, tu me diras, et tu auras raison, qu’ils ont largement abandonné l’esprit des débuts et virés contre-révolutionnaires (une révolution qui ont contribué à populariser mi-90s, ô paradoxe). Et ils ont sans doute commis l’erreur de bien trop frayer avec le show-bouseness US pour la sortie de Random Access Memories.
      Mais être les rois du pétrole avec seulement quatre albums (dont deux chefs-d’œuvres, certes, Homework et Discovery) en vingt ans d’existence, chapeau !
      Avec leurs casques, ils sont devenus des mythes (Barthes, tout ça …). Sont-ils pour autant des héros musicaux ? Non, ils ont pu l’être, mais ils ne le sont plus. (J’avais commencé un article sur ce sujet-là, il faudra que je le termine)
      Sinon, leur démarche n’est sans doute pas d’« enculer » le système mais de réussir à avoir une totale autonomie à l’intérieur de celui-ci, ce qui n’est déjà pas banal.

      Mias pour en revenir au rock, les potentiels successeurs de Cobain souffrent d’une chose : ils n’ont plus de visibilité mainstream ; Jay Reatard aurait ou Ty Segall pourrait prétendre au trône mais ils n’ont pas la fenêtre médiatique massifiante qui a fait que Cobain a explosé (en 1991, le grunge ; en 1994, sa tête, vu qu’il n’assumait plus ses contradictions).

      • J’avais bien compris ton argument sur la structure couplet-refrain-couplet inhérente à Nirvana et à The Strokes.
        J’évoquais simplement le fait que je ne trouve pas The Strokes aussi intègres. Kurt Cobain venait d’un milieu de beaufs sans thunes. The Strokes sont des Bourges. La musique de Nirvana se nourrissait viscéralement de cette enfance/adolescence merdique.
        Je ne prétendrais pas de manière aussi catégorique que Kurt Donald Cobain s’est suicidé. Qui le sait? Lui seul.
        Daft Punk s’est gâté avec le temps, nos deux robots casqués ne peuvent donc pas faire partie de ce petit clan des artistes morts ou séparés qui n’ont pas eu le temps de devenir moins intéressants, voire mauvais!
        Question posée : un artiste est-il uniquement bon quand il souffre?
        Exemple : les débuts de Eels, Nirvana de 1987 à 1994, entre autres.
        Les artistes deviennent-ils moins bons quand ils sont plus « heureux », soulagés, matériellement à l’aise et plus vieux?
        Exemple : la suite de Eels, entre autres.
        Mark Linkous et Steven Jesse Bernstein restant des exceptions.

      • Je ne prétendais pas que Daft Punk faisait partie du cénacle des artistes qui ont arrêté avant de décliner, juste qu’ils étaient parvenus à juguler le shitstème, à le soumettre et le tordre pour qu’il serve leurs ambitions artistiques. Ils font ce qu’ils veulent à l’intérieur du système (système qui les contamine cependant à leur corps défendant ?)

        Les théories remettant en cause le suicide de Kurt Cobain sont à mon sens un mélange de dépit (« il aurait pu nous sauver », « il ne nous aurait pas abandonné ») et d’esprit de suspicion (« on nous cache des choses »). Ca sonne complotiste à la manque. Et, du reste, on retrouve ce réflexe de remise en cause des circonstances de mort assez régulièrement lorsqu’une célébrité disparaît prématurément, jusqu’à remettre en cause la mort même de la personne (Marilyn Monroe, Jim Morrison, Michael Jackson, etc.).
        De plus, le fait que la mort de Cobain, alors au sommet, soit un suicide volontaire, prémédité et violent qui plus est (arme à feu, balle dans la tête …), a accentué le choc, les réactions d’incompréhension et les théories de rejet voulant que « c’est IMPOSSIBLE que ça se soit passé comme ça ».

        Un artiste, bon seulement quand il souffre ? Non, heureusement que non. C’est une notion qui vient du romantisme et du mythe de l’artiste maudit, des écrivain du XIXe siècle. Je crois qu’elle est largement illusoire. Les contre-exemples abondent, de grands artistes, chanteurs ou groupes ne puisant pas leur art dans leurs « souffrances ».
        Mais c’est vrai que l’artiste qui créé dans sa souffrance a dans l’imaginaire du public un petit quelque chose en plus, un supplément d’âme, une authenticité. Ca ne garantit cependant pas la qualité de l’œuvre.

        La clef, c’est de savoir si l’artiste fait partie ou non de « la portion contentée du peuple » pour reprendre la définition qu’Hugo donnait de la bourgeoisie. L’artiste est-il capable de remettre en question le monde ou de remettre en question son art ? Est-il capable de chercher plus loin, de faire évoluer sa formule et de ne pas en rester prisonnier, d’innover, de varier, tout en restant accessible et musicalement valable ?
        La démarche est exigeante, usante, inconfortable et c’est compréhensible que rarissimes soient ceux qui parviennent à maintenir le curseur longtemps au plus haut niveau. Bowie a tenu près quinze ans (1969-1983), plus un album en 97 (Earthling), et c’est déjà incroyable.

      • Je ne suis ni un complotiste ni un paranoïaque, mais pour Kurt Cobain, comme pour d’autres personnalités moins connues et reconnues (Elliott Smith?), j’émets un doute sur la raison de sa mort!
        Oui, il s’est peut-être tout simplement flingué. Hop! Boum!
        Ou alors, il était devenu trop dangereux. Trop dérangeant. Trop populaire. Et dans ce cas-là, on lui a mis la balle dans la tête.
        Encore une fois, je ne sais pas.
        Je ne suis pas sensible à la musique de David Bowie mais il a bien été un artiste-caméléon précurseur de quelque chose.
        Earthling est un bon album! D’accord avec toi!

      • La formule couplet-refrain-couplet (ad vitam aeternam) ne m’ennuie d’ailleurs pas. La preuve est que Bérurier Noir est un groupe que j’adore. Et tu ne peux pas trouver plus simplistes, essentiels et minimalistes que nos bons vieux punks hexagonaux.
        Prends 05,15 minutes de ton temps et écoute cela, sans a priori, à tête reposée et ouvert à tout : https://www.youtube.com/watch?v=EvEOWNfx7lY
        Merci pour Som. Euh, Thom, pardon!
        Si cette chanson ne te glace pas le sang, je ne comprends pas.
        Personnellement, elle me tient actuellement en vie.

      • J’ai écouté le morceau quatre fois et je n’ai pas eu le sang glacé, désolé. Si cette chanson te tient en vie (j’en ai quelques-unes aussi qui me sont tellement personnelles que le lien est presque trop intense), j’espère que tu ne comprendras pas ; même si l’on ne se connaît pas, je m’en voudrais d’avoir ta mort sur la conscience…

        Sur ce « Cymbal Rush », j’ai l’impression d’entendre des chutes de studio de The Knife mélangée sur la fin à du « There There » (en tout cas, j’ai pensé à l’envolée de cette chanson (l’a-t-il trop pris ou aurait-il dû plus la prendre comme modèle pendant ce passage ?) lorsque Thom Yorke tente de faire décoller un peu maladroitement « Cymbal Rush ») ; et le tout privé de tout suc. Ça manque de gniaque, de conviction, d’intensité, comme si il n’y allait qu’à moitié. Je sais pas, c’était étrange ; j’avais la sensation qu’il ne croyait pas vraiment, qu’il faisait juste le job ; ce n’était pas habité comme peuvent l’être, je ne sais pas moi, les Radiohead Bends/OK Computer/Kid A, les meilleures pistes de Sigur Ros ou celles de The Knife. Ici, on dirait que l’exercice est plus formel qu’autre chose. Dommage. Il manque l’énergie, l’étincelle de vie à ce morceau.

      • C’est cool que tu aies pris le temps de l’écouter.
        Je ne vais pas mourir, no problem!
        The Eraser date de 2006, Radiohead était déjà en régression. Je ne suis pas fan de l’album entier mais il y a bien quatre-cinq titres (faces-b incluses) qui me transportent vraiment.
        Notre différence de point de vue et de ressenti est intéressante.
        C’est aussi ce qui est beau dans l’échange entre deux Humains.

  6. GRANDADDY.
    456654445 faces-b.
    En train d’écouter l’album Under The Western Freeway.
    Toujours sans voix après tant d’écoutes.
    Oui, tout est subjectif.
    Grandaddy me bouleverse. Ces claviers au son kitsch, ces trouvailles mélodiques. Cette voix fragile. Ces guitares crades. Un batteur qui sait à peine jouer. Un bassiste à un doigt. Un claviériste à deux doigts.
    Une folie plus développée que chez Radiohead.
    Le poil qui se hérisse tout le long.
    Plus d’erreurs que chez Radiohead. Moins de production. Plus humain malgré tout.
    À écouter, puis pleurer :

  7. Navrant de constater que dès qu’un groupe ne répond plus à vos attentes de consommation de « Hits », vous jugez qu’il est en déclin. C’est le même constat chez tous les pourfendeurs de l’aura du quintet d’Oxford.
    Radiohead est bien au-delà de vos commentaires aux aspects pragmatiques et peu féconds.

    • Nous ne parlons pas de hits!
      Nous parlons de construction musicale et de renouvellement.
      Radiohead n’est malheureusement plus là dedans.
      Fer de lance d’une évolution musicale sans faute entre 1995 et 2001. Casseur permanent d’acquis pendant des années, visionnaire. Les mecs de Radiohead ont sorti l’un des meilleurs abums de guitares en 1997 avec OK Computer et ils ont ensuite jeté leurs instruments électriques à la poubelle pour se concentrer pleinement sur l’électronique. Radiohead a appris à se servir de claviers et de samplers et a sorti Kid A, LE génie électronique dans le rock. Parfait. Radiohead a ouvert les manuels des instruments et a pondu l’un des meilleurs disques électroniques de tous les temps. Radiohead a bossé dur!
      Six ans de pur génie, Cher/Chère Synergie!
      Voilà mon argument.

      Lloyd.

      • Donc, l’argument c’est qu’une fois avoir sorti un énorme album guitare, puis un double album électro, ils auraient dû faire quoi ? Construire eux-mêmes leurs instruments ?

        Si la profondeur du groupe et la quête permanente du groupe n’est pas parvenue jusqu’à vos oreilles, j’en suis désolé pour vous:
        L’esprit d’Hail to the Thief, celui d’ In Rainbows et de The King of the Limbs sont pourtant parfaitement audibles. Des chemins très disparates à chaque opus. Les chefs-d’œuvre ne manquent pas à l’appel (Si « Separator » ne vous émeut pas … donnez-moi vos références, « Wolf at The Door », « there there », « Go to sleep », « Bodysnatchers », « Arpeggi ! »).

        Je ne parle même pas d’Amok puisque ce n’est pas le sujet, mais avant de critiquer Radiohead, il faut vraiment préparer un argumentaire sérieux. La critique assez ridicule de sa photo (Radiohead ne signifie pas « tête de radio » mais bon passons) montre à quel point, simplement, vous ne méritez peut-être pas ce groupe.

      • Synergie,
        Un peu de mesure. Je ne dis pas que Radiohead doit arrêter la musique. Je dis que le groupe est moins bon, moins intéressant et moins novateur qu’avant.
        Ton argument sur le mérite d’écouter un groupe est à côté de la plaque. Je peux te dire que tu ne trouveras pas plus grand fan de la formation Oxfordienne que moi. J’ai tout de Radiohead. Tout ce qui est sorti, je l’ai enfin complètement acquis. Je peux donc me permettre de donner mon avis. J’ai même interviewé le groupe deux fois et ai fait des milliers de kilomètres pour lui. Je te confirme que Radiohead veut bien dire, entre autres sens, Tête De Radio. Thom Yorke me l’a confirmé de vive voix et en face à face.
        Je ne demande pas à ce que Radiohead fabrique ses propres instruments, argument idiot, j’aurais rêvé que les albums sortant après 2001 soient restés de grande qualité. Hail To The Thief est un best-of médiocre de OK Computer et de Kid A réunis avec des chansons mauvaises comme Wolf At The Door ou Go To Sleep. Il y a un regain de qualité avec In Rainbows, notamment grâce à ses faces-b. Quant àThe King Of Limbs, il n’est pas original et reste moyen et déjà entendu. Du réchauffé.
        On en revient à la discussion habituelle qui consiste à dire qu’un artiste, quelle que soit sa discipline, ne peut pas être bon en permanence. C’est triste mais vrai. Le talent s’émousse forcément même si Radiohead a tout mon respect pour sa série de quatre albums grandioses de suite entre The Bends et Amnesiac. Cela représente plus de cent chansons et je n’en jette pas une. Radiohead a grandi, a vieilli et a atteint maintenant un certain confort. Je pense qu’il n’y a plus assez de prises de risques et de recherches chez ses musiciens. La façon de sortir les disques et les visuels sont certes toujours épatants mais la musique est ridée, médiocre et presque lambda.
        L’effort solo de Thom Yorke nommé The Eraser est une tuerie. Des chansons datant du début des années 2000 et sorties pas avant 2006. Le groupe et Thom Yorke ont bien été en état de grâce pendant au moins sept ans. Peu de groupes peuvent se targuer d’avoir été bons aussi longtemps. J’avoue même que Radiohead est le SEUL à l’avoir fait, à avoir tenu la dragée haute. Je persiste, l’artiste est meilleur quand il souffre. Une fois dans le confort (financier, familial et affectif), il s’étiole. C’est presque une généralité. Les premiers albums des groupes Eels, Grandaddy ou encore Radiohead sont des puits de mal-être et de dépression pour leurs géniteurs. Et donc, des réussites.
        L’artiste se tiédit quand il touche le bonheur du doigt.
        Radiohead est un monstre de génie. Il a le droit et a tout intérêt à continuer à faire de la musique. C’est une passion. On ne se sépare pas de sa passion comme cela. Et c’est le métier de Tête De Radio. Radiohead est tellement doué viscéralement que même quand l’album est médiocre, il y a toujours des pépites dedans : I Will, Lotus Flower ou Nude.
        Le groupe Atoms For Peace en est un autre exemple, l’album Amok est moyen mais il comporte lui aussi quelques tueries.
        Pour le dernier album solo de Thom Yorke, je serai plus critique. Son Tomorrow’S Modern Boxes est lambda même si sa commercialisation et son originalité de parution via BitTorrent sont purement originales.
        Radiohead a valu 21/20 pendant de nombreuses années et je ne luien veux absolument pas d’être moins bon. C’est la vie. Tout se gâte.
        Mais il reste l’un des meilleurs groupes de tous les temps selon moi.
        Échange subjectif donc avis et critique subjectifs.
        Une belle CONSTANCE de qualité entre The Bends et Amnesiac inclus. Chapeau Bas.
        Je suis retombé sur la chanson Rabbit In Your Headlights, fruit de la collaboration entre Thom Yorke et Unkle. PARFAITEMENT GÉNIALE. Quelle date? 1998. La réponse est dans la date. Radiohead a sauvé ma vie plus d’une fois. Je suis légitime pour en parler!

        Lloyd.

      • Le problème, c’est que vos arguments ne répondent à rien à mon commentaire. Vous avez le droit d’en parler dites-vous, bien sûr ! Qui a dit le contraire ? Je dis juste que vous ne méritez pas ce groupe. Et vous le confirmez avec des aphorismes ineptes du style : Wolf at thé Door, c’est nul, Go to Sleep, idem. Bravo de détenir une telle vérité! A partir de là, autant clore le débat. Vous avez parfaitement le droit de penser ceci, et moi ça me plaît assez de mon côté puisque j’en conclue clairement que Radiohead vous dépasse. In Rainbows, les faces B sont meilleures que les faces A, The King Of The Limbs n’apportent rien, bref tout un fatras de poncifs éculés qui ne pointent que les limites de ses auditeurs.

        A l’heure de la surconsommation musicale, Radiohead ne peut plus être en phase avec la majeure partie d’un auditoire qui préfère les morceaux « efficaces » à la complexité et aux vicissitudes d’une musique altérée.
        Mais vous parlez comme un automate, Thom Yorke est heureux donc sa musique devient fade, dans les années 90, il était tourmenté donc c’était un génie, quelle analyse !! Vraiment bravo pour le manichéisme de comptoir.

        Ce qui m’énerve le plus dans vos commentaires, ce n’est pas que vous n’appréciiez pas la musique de Radiohead à sa juste valeur, c’est que vos critiques sont emplies d’une arrogance qui confine à la vacuité et surtout qu’elles sont identiques à toutes celles que l’on peut lire dans les différents magazines soi-disant spécialisés.

        Je vous laisse donc écouter Eels et Grandaddy et penser que ces derniers peuvent être comparer à Radiohead … Encore un problème de discernement.

      • Synergie.
        Je suis resté respectueux avec toi. Je t’encourage donc à le rester avec moi. Ou je viens te casser la gueule!! Hihihi!
        Oui, Radiohead a été le meilleur groupe au monde, et aujourd’hui, il navigue au milieu des autres. Je le pense le plus sincèrement au monde. Comme je crois que tu manques cruellement de discernement et de mesure.
        Oui, un artiste est meilleur quand il se bat pour vivre et pour tenir.
        Le talent et la création ont une fin.
        Pour le reste, je ne répondrai pas à tes arguments agressifs doublés d’un entêtement adolescent.
        Les discussions sur l’art ne servent à rien de toute façon puisque les gens y mettent trop d’affect et d’égo.
        Sache que je conchie les revues spécialisées dont tu parles. Je n’écris qu’avec le coeur.
        Radiohead est lambda et cela me fait un mal de chien de le réaliser.
        Tu sais, Eels et Grandaddy se sont gâtés encore plus vite que Radiohead.

        Lloyd.

  8. Autre chose. Je précise que ce n’est pas moi qui me suis permis de faire une comparaison entre Thom Yorke et un clochard.
    Je n’y suis pour rien. C’est le créateur de ce blog qui s’est permis honteusement cela! Je ne suis que contributeur ici.
    Je me fiche que Thom Yorke ait des cheveux grisonnants. Je ne vais pas contrecarrer le cours de la vie!
    Il est charismatique naturellement et dégage même une beauté singulière.
    Je ne parle pas physique et photo ici. Je parle art et émotion.

    Lloyd.

  9. Je vais amener ma petite voix dissonante dans ce discours sur Radiohead, même si j’anticipe en me disant que Synergie me dira que j’ai oublié mes oreilles et suis inapte musicalement pour ne pas m’extasier devant THE group… ben oui, voilà, Radiohead et moi ça ne passe pas… certes je reconnais le côté je casse tout je reconstruis, j’élabore, j’expérimentalise, je révolutionne (quoique me dit Klaus Schulze)… mais le concept de « Je change donc je suis » mouais, je veux bien… mais que cette démarche signifie génie, là je mets un bémol… donc je disais Radiohead, ça ne me parle pas, hormis peut-être Ok Computer… non, je préfère de loin The Sophtware Slump… ou les évolutions du groupe Kent… pas le chanteur français, non le groupe suédois… Ce qui m’étonne un peu, c’est qu’on a l’impression que la musique électronique n’a jailli qu’avec Radiohead… qu’avant c’était un néant musical… Et Stockhausen… oui me dira-t-on, il ne s’inscrit pas dans une école pop ou rock… Mais Kraftwerk… et d’autres… bon d’accord c’est eux il n’y a pas la rupture marquée comme celle de Radiohead… mais bon… moi l’expérimental pour l’expérimental… d’autant côté virage très sec, ils viennent après The Flaming Lips… Zaireeka hein même si écouter simultanément 4 album pour obtenir ce qui forme un tout demande à s’interroger sur les liens avec quelque fabricant de platine CD… dans le genre c’était quand même du lourd..et en 1999 the Soft Bulletin avec ce mélange pop et électro me parait plus alléchant… bon il est vrai que The Flaming Lips parfois se perdent dans le n’importe quoi… mais jamais je ne cèderai Yoshimi Battles The Pink Robots pour n’importe quel Radiohead… Attention je ne nie pas que Radiohead fut/est un grand groupe vu le nombre de personnes qui les estime (et là je me dis estime ou estiment vu que le sujet…)… mais bon, en soi, ils sont dans un mouvement où ils sont la face apparente quand d’autres aux évolutions aussi marquées restent dans l’obscurité ou l’anonymat… C’est un peu comme Nirvana… attention j’aime bien Nirvana… mais à la même époque les Pixies dont on ne parlait que très peu ben c’était quand même un peu plus top… enfin vu de ma fenêtre…

    Enfin moi j’attends pas le prochain Radiohead, j’attends le prochain The Wrens… et cette année enfin il devrait arriver et là je jubile…

  10. Azgarock, TOUT est subjectif.
    Voilà pourquoi ce « débat » est intéressant ET stérile. Tout en un.
    Radiohead a apporté de la trouvaille et de la mélodie là où The Flaming Lips et Klaus Schultze restent tout de même relativement dissonants et bien kitschouilles.

    Kissouilles!

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