Kill you Sarah, kill you again with love

On est le 14 février, c’est la Saint Valentin. Du coup, petit cadeau avec la double page d’adieu (oui, je sais, dit comme ça, ça n’le fait pas trop au regard des festivités pour ceux qui se jouent la vie en mode deux-players …) de Sarah Records, le mythique label britannique de la twee-pop, cette pop douce et mélancolique qui, comblant le manque consécutif à la séparation des Smiths, a érigé en emblème la mignonnerie mélodique et l’innocence naïve (ainsi que les K-Way pastels …). Parfois chiante (quand ça bascule dans la sensiblerie mollassonne), parfois touchante, parfois sublime, surtout lorsque l’acoustique se mêle à l’électrique et discrètement à l’électronique*.

Symbole, avec le shoegaze, de l’indie british à la fin des 80’s, Sarah Records demeure, en compagnie de Creation, Factory, 4AD, Warp et quelques rares autres, un des labels indés (farouchement indé !) légendaires de l’histoire de la pop-music, avec toute sa mythologie afférente (la vulnérabilité, la romance idéalisée, l’apologie sentimentale et ascétique de l’enfance, l’aspect communautaire, les pochettes bicolores, etc.). Voici donc leur double page du New Musical Express signant leur fin, pleine de panache, en 1995 ; la traduction figure en dessous de l’image (cliquez sur l’image si vous voulez l’agrandir). Et si vous voulez en savoir un peu plus sur Sarah Records, suivez ce lien.

 sarah-records-end

Un jour pour détruire les choses …

… Car quand tu avais dix-neuf ans

N’as-tu jamais voulu créer quelque chose de beau et de pur

Juste pour qu’un jour tu puisses le voir s’enflammer,

Puis, voir la ville s’éclairer autant qu’il brûle ?

N’as-tu jamais voulu faire cela chaque jour de ta vie ?

Rien ne devrait durer pour toujours.

Les groupes ne devraient faire qu’un single puis se séparer,

Les fanzines s’achever après une publication sans défaut,

Les amoureux se séparer sous la pluie à 17h et ne jamais plus se revoir.

Les habitudes et la peur du changement sont les pires raisons pour faire QUOI QUE CE SOIT.

Arrêter un label de disque après 100 sorties parfaites

Est la plus splendide déclaration artistique pop qui soit

Et elle en dit plus sur la pop-music que tous les CD deux-titres,

Les vinyles 7’’ colorés en édition limitée,

Les albums dix-titres de lo-fi sombre et authentique

(ou n’importe quelle antienne marketing)

Qui pourraient être.

Sarah Records n’appartient à personne d’autre qu’à nous,

Aussi est-ce nous qui créons et détruisons comme nous le voulons

Et nous ne faisons pas de rappel.

Nous voulons brûler ça dans des couleurs brillantes et des pétillements,

Etre écervelé, spontané et idiot,

Embrasser des gens dans des lieux nouveaux –

EXQUISEMENT –

Et oser se séparer des choses.

Le premier acte de la révolution est la destruction

Et la première chose à détruire est le passé.

Effrayé

Comme tomber amoureux

Ça nous rappelle que nous sommes vivants

Sarah Records 1987-1995

28 août 1995″

 ____________________

* Ainsi, pour ne citer qu’eux, les meilleurs représentants de Sarah Records, The Field Mice, ont sortis des morceaux pop divins ; si vous ne me croyez pas, écoutez « Missing the Moon », « Sensitive », « It Isn’t Forever », « I Can See Myself Alone Forever », etc.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s